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11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 14:00

L’essentiel de la vie n’est pas de se demander ce que nous avons récolté,

mais ce que nous avons semé.

Thomas Carlyle

 

Il y a quelque chose qui est au-delà de l'amour, au-delà des mots, au-delà même de la création; il m'a fallu attendre de vieillir pour apprendre cela. Quand on a parcouru un long chemin, qu'on est arrivé le plus loin possible, après avoir tout quitté, au moment où on pense qu'on ira pas plus loin - c'est là qu'on découvre que le voyage ne fait que débuter, et que la route ne va pas plus loin au sens où elle s'éloignerait de soi, mais qu'elle est en soi, à l'intérieur de soi. Alors on se laisse envelopper par le silence, on ne cherche plus rien, on existe simplement en soi-même et on éprouve une sorte de paix.

Karel Schoeman

 

Je ne suis pas ce qui m'est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir.

Carl Gustav Jung

 

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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 12:48

Ce qui m'importe c'est cette force ensemble bâtie, ensemble entretenue, ensemble habitée. Ce bel égrégore plus grand que nous. Ce lieu sacré qu'aucun dés-espoir ne peut atteindre. Tu n'es plus là mais ton âme veille, maintient avec moi l'incommensurable puissance du vivant.  Les discours étroits, les gestes indifférents, les pensées malveillantes, n'ont aucune prise sur la décision de lumière. Les murs sont illusoires devant l'éternité d'aimer.

 

Ile Eniger - Les pluriels du silence - (à paraître)

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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 21:43

Ils fusillèrent les rires, les différences, les audaces. Ils barrèrent les rues et tout sens qu’ils ne trouvèrent pas conforme. Ils arrachèrent les livres, civilisèrent la mort, la rajeunirent. Ils arrangèrent le passé. De leurs idées arrêtées, ils firent des églises où ils sacrifièrent la vérité. Ils emprisonnèrent les paysages, suspectèrent l'intelligence, conditionnèrent l’amour, colonisèrent l'herbe sauvage, calfeutrèrent la joie, surveillèrent le désir, évaluèrent les maisons, parquèrent l’imagination, déclarèrent courte l’enfance. Quand ils eurent mis en bouteille, la vague, l'inventivité, la liberté, l’âme, et autres choses gênantes, ils dirent aux arbres quels fruits ils devraient porter. Ils installèrent l’uniforme de la pensée unique et décidèrent de ce qui était bon. Les tuiles qui rêvaient aux étoiles furent jetées aux orties qui elles-mêmes furent exterminées. Les champs, ces voix sans issues, furent stérilisés, comme les animaux, les idées, les rêves, les couleurs, et ceux qui ne pensaient pas comme eux. Ils déclarèrent dangereux le rire, l'espoir, le chant, la connaissance. Ils dressèrent des chiens, des lois et des tours. Les oiseaux furent bagués, les esprits lessivés.  Quand ils eurent asséché l’intérieur et l’extérieur, quand ils eurent  effacé les larmes, quand ils eurent sacrifié le vivant, ils trouèrent le ciel, trafiquèrent les cellules, inventèrent maladies et remèdes, assujettirent la réflexion, brûlèrent le jour et tout ce qui ne leur ressemblait pas. Puis, ils vidèrent les bacs à sable. Alors, il ne resta plus rien, ni personne, pour crier au loup ou pousser une balançoire. Et sur la boule bleue désaffectée, ils ne virent plus, dans l’orbite morte du soleil, que leur visage, infâme et sans nom.

 

Ile Eniger - Du feu dans les herbes - Éditions Cosmophonies Internationales - 2002

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 13:52

Peu

J'écris peu. les mots muets me regardent. Ma douleur les effraie. Les tient à distance. Un  signe clément, une attention sublime, aideraient à rompre le cercle de feu. Aideraient les ailes à guérir. Aideraient les pas et la route.  Mais l'ange est loin. Le loriot des jardins ne s'arrête plus ici. Tout est ailleurs maintenant. Tout est dur. Non pas la dureté bienveillante des roches mais celle du compact de l'air qui frappe les volets. Et l'âme. Aux immenses blessantes murailles, aux barrières d'épines sans fleurs ni abeilles,  aux taillis de serpents et de  ronces, je cherche l'aubépine et le miel, le souffle, la faille de lumière. Je murmure un nom. Je tends le regard.  Je demande un fruit pour ma soif, un pain pour ma route, une main pour l'épaule. L'implorante* de Camille n'est pas loin. Il ne reste rien. Qu'un tout improbable où je racle un vieil or.

 

Ile Eniger - Les pluriels du silence (à paraître)

* "L'implorante" – Sculpture de Camille Claudel

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 10:35

Par les temps troublés que nous vivons, ce beau retour aux sources par la voix mélodieuse de Cathy Garcia.

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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 13:01

Il dirait : "Viens, je t'emmène là où ça nous ressemble, il y aura le temps qu'il faut, et l'évidence d'y croire". Il dirait bien d'autres choses encore que je ne peux écrire tant elles sont prodigieuses et mes mots trop petits. Il ne me laisserait pas sur le bord du chemin dans ce gris noir de soleil déteint et cet horizon déchiré jusqu'à son presque dernier fil. S'il savait mon exil en terre desséchée où l'été cartonne et assoiffe les paysages, où les oiseaux s'inquiètent, où la vie s'interroge, il dirait : "Viens sur le rebord du monde, de là nous convoquerons la merveille et nous saurons". Mais ses mots ont perdu leur dire et l'éteule abandonnée n'a plus l'espoir du pain.

 

Ile Eniger - Les pluriels du silence (à paraître)

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 14:43

"On ne peut combattre l'ombre de l'autre qu'en faisant grandir sa propre lumière.

Jamais en lui reprochant sa part d'obscurité."

 

Frédérique Deghelt - "Sankhara"

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 11:19

Toute la terre est ma mère. Les arbres se chatouillent comme les doigts d'un enfant. Les pétales en dents de scie découpent les parfums dans le papier de l'air. Le vent s'éclaire en mangeant des lucioles. Enjambant le cadavre du siècle, je mène paître un troupeau de voyelles dans un champ d'encres folles. Je laisse marcher les a comme des boiteux, le chapeau d'un accent de guingois sur le crâne, les o rouler comme des ballons, les i dresser le poing au-dessus des épaules, les l faire le jars devant les apostrophes. Avec la pelle d'un poème, je creuse un trou pour les orages, un sillon de questions au bord des apparences. J'avance avec des pas cordés comme des doigts de pied. Vite fait. Bien fait. Je laisse des empreintes au chevalet du temps. Je grappille des phrases dans une boite de mots. Quelques-uns tombent sur le linoléum et leurs patins magiques dessinent l'infini, le frou-frou d'un fou rire, la danse de Saint-Guy. Dans un petit panier, j'apprends à dessiner un champ de marguerites, un estuaire, un golfe, un motel de nuages ouvert toute la nuit. Le vent s'enfuit, la queue entre les jambes, soulevant des ripailles de papier et des rubans de rêve. J'ouvre la porte du dictionnaire avec la clef des champs. Le paysage tressaille entre les mots. Dans la saleté du charbon se forme un diamant.

Les mains dans les poches, les semelles trouées, les orteils qui dépassent, les yeux en face des trous, le foin entre les dents, le cœur en bandoulière face à l'éventuel, je marche par devers l'inconnu. Je bois jusqu'à plus outre l'exubérance des eaux vives. Défiant l'aiguille des compas, je déchiffre le ciel dans la mémoire des oiseaux. La table est mise pour le rêve. Le soleil est un morceau de sucre dans le café du jour. Sur le plancher des vaches, toutes les fleurs ont mis leurs souliers de ballet. Elles dansent avec le vent et les toupies de foin. Les vergers jouent aux cartes avec l'atout des fruits. Sur la terre des mains, je prends tous les sentiers des doigts. Je ne m'attarde pas à la frontière d'un poing. Chaque geste est un pas, chaque caresse un pont. Je marche à la lumière à la vitesse de l'obscurité. J'avance à l'estuaire à la cadence des vagues. Syllabe après syllabe, j'agrandis l'horizon. La gravité perd son centre et la nuit file à toute étoile. Il y a un livre sur la table. Une lumière en émane. Ses pages sentent le pain. En réponse aux bontés de la terre, l'homme n'aurait-il que le don de parler ? Même si aucun mot ne fait le poids devant l'insondable silence de la pierre, je continue d'écrire. Je cherche cette partie de l'âme qui nous absout du reste.

 

Jean-Marc LaFrenière
 

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 13:03

"La civilisation est un bien invisible puisqu’elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments de musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ?".

 

Antoine de Saint Exupéry

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 15:19

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 11:42

(à lire en entier ici) : Journal "Le Figaro" 13 juillet 2021

 

"... inégalité de fait entre le vacciné et le non-vacciné et introduit donc une rupture fondamentale dans notre contrat social, fondé sur l'adhésion rationnelle du citoyen à l'intérêt général, son consentement libre et éclairé et l'égalité devant le droit. Tous ces principes fondateurs de notre démocratie sont réduits en morceaux."

 

"… Essayons donc, face à l'hystérie qui embrume notre jugement, de poser quelques principes clairs et de bon sens. D'abord, il n'y a nul besoin de pass sanitaire ou de vaccination obligatoire. La vaccination protège celui qui décide de se faire vacciner des formes graves du virus : le non-vacciné n'est donc une menace que pour lui-même. La vaccination est donc un choix purement individuel qui doit relever de la seule décision rationnelle de chaque citoyen. Les personnes vaccinées sont protégées, les autres choisissent en leur âme et conscience de prendre un risque pour eux-mêmes. Ensuite la citoyenneté ne se divise pas. Le pass sanitaire, qui créé de facto deux catégories de citoyens selon qu'ils sont vaccinés ou non, est une aberration éthique, juridique et démocratique. Il n'a pas sa place dans notre démocratie. Enfin, le virus ne disparaîtra pas. Il faut apprendre à vivre avec, sortir de l'état d'exception et faire confiance au libre-arbitre et à la responsabilité de chacun. La France n'est pas une cour d'école à discipliner, mais un pays où les citoyens ont des devoirs et des droits, et parmi ces droits figure la liberté de disposer de son corps. L'État doit encourager les Français à rester prudents et à se protéger du virus, mais il doit le faire comme il l'a fait pour l'épidémie du Sida : en privilégiant l'information et la pédagogie plutôt que la coercition. Ce n'est que de cette manière que l'on retrouvera un chemin qui soit celui de la liberté et non de la servitude."

 

Par Mathieu Slama

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Bandeau : Extrait du tableau de Françoise Pirro : La plage

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