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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 11:50

 

Francis Olive - Sculpteur
Francis Olive - Sculpteur
Le sculpteur Francis Olive, s'en est allé. Grand ami de longue date du peintre Emile Bellet, ils étaient tous deux enfants de la ville de Port-de-Bouc, dans les Bouches-du-Rhône, et à l'origine du Prix de Peinture et Sculpture comme de l'essor culturel de la ville dès les années soixante. Sculptures : "La porteuse d'eau" (étain) et "Femme" (chamotte) - Collection particulière.

Le sculpteur Francis Olive, s'en est allé. Grand ami de longue date du peintre Emile Bellet, ils étaient tous deux enfants de la ville de Port-de-Bouc, dans les Bouches-du-Rhône, et à l'origine du Prix de Peinture et Sculpture comme de l'essor culturel de la ville dès les années soixante. Sculptures : "La porteuse d'eau" (étain) et "Femme" (chamotte) - Collection particulière.

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 15:29

Il neige sur ma page des traces qui s'effacent. Rus de montagne en souvenance de torrent, les mots suivent le chemin et le gouffre. Dangereusement au hasard, leurs pas vacillent au bord du jour. L'espérance abandonne le combat. Tout se tait. Seul, au loin, le grondement du monde. Analphabète du sens, je gribouille des marques d'oiseau. Ultime défi d'être et d'aimer sans question.


Ile Eniger - Les mains frêles (à paraître)

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 14:09

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 11:50

Ponctuation

 

Et si l’écrire était l’impossible ponctuation du silence, cette trilogie du mot qui s’absente ? Souvenirs, instants, égarements ? Immuables certitudes du doute ? Interrogation, exclamation, suspension... Point initial, jusqu’à l’effacement.

Où nous emmènent les chemins perdus jalonnés des pourquoi ? de notre enfance. Ces délices sans faim où chaque réponse enfonce toujours plus loin l’exaltation incessante de la découverte de contrées inconnues... Comprendre, déjà, grâce à la magie de l’enfance, que les questions importent bien plus que les réponses... Que les unes ouvrent sûrement, tandis que les autres referment peut-être. Magie d’un monde à profusion, nourrissant l’alchimie de nos rêves les plus flous. Ces peut-être ? Crochets ouverts au point de nos doutes ?

Les grands ciels noirs d’été fécondent en leurs noces étoilées toutes ces questions en habit d’extase. Renversement du i de noir et de nuit ! Encre énigmatique du grand rassemblement des choses. L’émotion profonde d’une mystérieuse et incontournable unité. Une indicible exclamation, à la fois ultime et à jamais ouverte sur le point vertical et fuyant de l’horizon !

Qu’est-ce qui se cache dans l'obscure apesanteur de ces petits points de lumière? Quelles questions? Les réponses reculent, allumant toujours le feu de nouvelles questions, comme d’immenses brasiers d’étoiles... En naissent des galaxies en perpétuelle expansion, en perpétuelle mutation... En éternel devenir. Nul ne saura jamais l’intime... Peut-être est-ce là la suspension muette de leurs évolutions... Le silence d'un cœur qui bat...

 

Yves Brendel

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 17:10

"Je ne sais pas si on entre en poésie, c’est plutôt elle qui entre en vous"

Florence Saint-Roch

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 15:37

C'était un homme ordinaire, un qui tous les jours partait à vélo jusqu'à son carré de jardin pas très loin du village. Ses outils bien rangés dans le cabanon de bois, au soir il ramenait des légumes et des fleurs. Il parlait parfois patois avec ses vieux amis. Tous les 11 novembre, il se rasait de près, prenait soin de sa mise, et partait au cimetière pour le dépôt de gerbe de la commune à ses enfants : "Morts pour la France durant la Grande Guerre", comme il était écrit au fronton du monument aux morts. Une fois, je l'avais accompagné, il tenait ma main. Quand le clairon de la sonnerie aux morts a retenti, il l'a lâchée, s'est essuyé les yeux avec son mouchoir à carreaux qui sentait la lavande, puis il l'a reprise, bien serrée. J'étais petite, peut-être sept, huit ans, j'avais entendu dire qu'à la guerre, il avait porté sur son dos, pendant douze kilomètres de tranchées aux boyaux boueux, pestilentiels,  glaciaux, sans eau, un camarade blessé, et que pour cela, on lui avait donné une médaille qu'il laissait dans sa boîte au fond d'un tiroir parce que, disait-il : "Je ne l'ai  sauvé pour une médaille, mais parce que c'était normal". C'était un homme ordinaire Gustave, c'était mon grand-père.

 

Ile Eniger - Les mains frêles (à paraître)

 

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 18:14

Col relevé, manteau fermé, robe déteinte, soleil blafard, c’est la saison frileuse. Le froid gagne. Les mots gèlent aux poings. Les lignes ne font plus sens. Le texte piétine dans ses doutes. Parfois s’épelle un nom. La campagne nue comme une vérité démarie les blés des coquelicots. Les loups ont fané aux mémoires. Va-t-on encore au bois ? Plus personne n’en parle. Il ne restera pas une semence d’histoire. Aux planches des cabanes, la fente du jour peine. Des arbres bras coupés font les épouvantails. Mal brûlée, une paille tremble. La tombée du soir gèle la lumière. On entend des voix faibles. C’est la saison du peu, la saison basse. La passante.

 

Ile Eniger - Un violon sur la mer - Éditions Chemins de Plume

 

Présentation par Michel Baglin, écrivain et chroniqueur, en 2010, à la Bibliothèque de Marseille : "Un violon sur la mer" - Ile Eniger - Éditions Chemins de Plume

Présentation par Michel Baglin, écrivain et chroniqueur, en 2010, à la Bibliothèque de Marseille : "Un violon sur la mer" - Ile Eniger - Éditions Chemins de Plume

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 11:20

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

 

Victor Hugo, "Les Contemplations" (1856)

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 23:00

Texte intégral de Jonathan Livingston le Goéland de Richard Bach, en lecture gratuite sur le site "La Chanson Grise" : http://chansongrise.canalblog.com/archives/2020/03/29/38145309.html

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 21:55

Voici venir l’hiver, les arbres recourbés sous le poids de la neige. Voici venir le froid, les mitaines mouillées, les engelures aux doigts et le givre des larmes. Le noisetier de la cour compte ses os qui craquent. Les mésanges grossissent sous leur smoking d’hiver. Voici venir le gel, les pages écrites près du poêle entre les cordes de bois et la sciure des mots. Le vin de glace prend feu sous l’écorce des veines. Les oiseaux tombent en neige avec les plumes d’ange. L’âme des fleurs s’éteint le temps d’une saison. Le temps ferme les yeux et le soleil éclate dans les pupilles des chevreux. La neige enterre les œillets, le silence, l’humus. Le feu se barricade dans l’âtre des rêveurs.

 
Voici venir le blanc. Les couleurs font la grève. Le ciel s’éteint. Le bleu se tait sous la barbe du froid. Toute la faune terrestre a renoncé au style. Il faudra la syncope des braises pour affronter l’absence, le mystère du feu. Les bancs de neige à venir anticipent l’attente, le lapsus des arbres, la dormance des sèves. La léthargie du temps résume l’horizon. Les métaphores se perdent dans le silence des oiseaux. La première bourrasque se compose à la hâte. Le ciel signe à peine ses paraphes neigeux. J’oublie le nom des fleurs. La terre perd ses oripeaux sous la peau des flocons. L’espoir de vivre a changé de visage. Le regard doit vivre au-delà des couleurs.
 
Voici venir le givre dont se nourrit l’espace, le sol glacé qu’aucun oiseau ne gratte. On ne sait plus où commence le sol ni comment il achève. Celui qui cherche une route doit se fermer les yeux. Les objets ne sont plus que formes évanescentes. La nature s’habille plus sobrement qu’avant. La musique des arbres se résume au silence. Les sources végétales se sont cristallisées. L’éternité se tait dans le brouillard des nids. Le ciel s’accroche aux dégouttières. Le vent s’immobilise sur la dentelle des corniches. Le rêve de l’eau persiste dans un sommeil de glace. Les chiffres de la pluie sont devenus craquants. La terre doit résoudre l’équation de la neige.       
 
Voici venir le temps où les oiseaux se taisent. Il est parti l’été culbuté dans les foins. Voici venir la glace et les bonhommes de neige, ces gros bébés bouffis qu’habillent les enfants. Le vent dessine sur la vitre les étoiles du gel. J’avance comme un loup. J’avance vaille que vaille. J’avance comme un train qui a perdu ses rails. L’été est minuscule et l’hiver si long, la chaleur trop courte pour la taille du froid. Le vent ne tourne plus les feuilles pour y lire le temps. Il tourne en rond sur les écorces blêmes, le silence des pierres, l’aphasie de la neige. Il n’y a plus de phrases entre les guillemets mais un grand vide blanc entre les parenthèses.

 

Jean-Marc La Frenière

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 13:05

Au secours ! Ce matin, moi, La Langue Française, je suis allée me rendre visite sur des blogs ou réseaux dits sociaux afin de voir comment j'y étais traitée. Hélas !  je constate, avec une très grande tristesse, que les fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe, de style, bref, tout ce qui me constitue, vont bon train...

Si la vieille dame que je suis, qui en a vu d'autres, a de l'indulgence pour ceux qui n'ont pas eu la chance de pouvoir acquérir des connaissances solides, ou si je peux tolérer les fautes d'inadvertance, il m'est insupportable de constater, chez ceux qui publient des ouvrages ou des textes, ces mêmes travers qui, cette fois, sont impardonnables.

Bigre ! si l'on se targue de me manier, autant le faire convenablement, par respect pour moi, pour soi, et pour ceux qui lisent. On ne construit pas en cassant ses outils ! Que le fond soit intéressant, peut-être, mais alors de grâce, que la forme ne vienne pas le saccager !

Moi, La Langue Française, je véhicule d'innombrables subtilités qui certes ne sont pas toujours faciles à assimiler, mais ma complexité est d'une grande richesse, ne me massacrez pas en m'ôtant ce qui a bâti ma personnalité !

Exemple d'une de mes nuances : la conjugaison du verbe "vouloir" avec lequel bon nombre de nouveaux écrivains (je devrais plutôt dire : écrivants !) font l'erreur suivante : "Ne m'en voulez pas" à la place de : "Ne m'en veuillez pas". Pour ceux qui ne sauraient pas pourquoi dans cette injonction on doit privilégier le subjonctif, voici l'explication qu'en donne le journal Le Monde :

"Dans le cas du verbe "vouloir", la valeur de commandement est déjà contenue dans le verbe lui-même. Comme l'a remarqué un grammairien du dix-huitième siècle, il est quelque peu ridicule de se commander à soi-même de vouloir (Veux !) et absurde de le commander aux autres (Voulez !)".

Alors, d'aucuns me diront que tout cela n'est pas très important, ce à quoi je répondrai par la phrase de Benjamin Franklin : "Nul ne connaît la valeur de l’eau jusqu’à ce que le puits tarisse".

Allez, s'il vous plaît, faites un petit effort pour me préserver, je suis votre patrimoine linguistique quand même ! Prenez soin de moi afin  de ne pas vous retrouver, un jour ou l'autre, avec une langue qui ne serait plus qu'un vilain galimatias dans lequel vous-mêmes ne vous reconnaîtriez plus !

 

Ile Eniger - Les marelles de verre (nouvelles à paraître)

 

 

 

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