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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 17:06

Après un petit tour d'horizon sur le Net, notamment sur le site littéraire Babelio, j'ai eu l'agréable surprise de lire les très nombreux commentaires à propos de mes livres. Comment remercier  celles et ceux qui me font l'immense plaisir d'aimer mon écriture et qui en parlent avec tant de chaleur ! Je ne me hasarderai pas à citer ici des noms, j'aurais trop peur d'en oublier ! Pourtant, que chacun sache combien ce qu'il a écrit sur mes ouvrages, me touche, me bouleverse, et m'accompagne sur mon chemin de mots.  L'écriture est une aventure solitaire qui se transforme en amitié dès que les regards du lecteur entrent en résonance avec les mots. Que chacun, et tous, soient ici remerciés, du fond du coeur, pour les partages offerts avec tant de générosité. Je sais que des intervenants de Babelio passent parfois sur mon blog et cela me touche, qu'ils veuillent bien être mes porte-paroles auprès des autres participants qui, comme eux, m'ont fait la joie de me lire et d'écrire leurs ressentis. À tous, toute ma gratitude. 

Ile Eniger

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 22:17
Je n’entrerai jamais au fond de cette cage. Le merle gris parle du vent, et je cherche ton reflet dans ce jardin ou dans la ville. L’olivier est mouillé de cette fin d’automne, j’écris mon livre lent, désolé, comme un feu qui s’éteint. Je me suis accordé sur une note basse, en oubliant mes torches et mes rages. La guitare va s’engorger, en épongeant l’hiver.
Je retarde des mots, je me plaindrai plus tard, j’aurai toujours raison.
Je vais distribuer les cartes, une nuit Caraïbe, un pont de pierres dans les Alpes, un citron vert d’Espagne et la lune s’effondre.
Il me faut dire quelque chose, quelques mots chauds, quelques odeurs de coquillages, un aboiement dans la saison brutale.
J’ai l’écorce irriguée des ces larmes d’enfants quand je deviens un père un peu plus grand qu’avant.
Maintenant, je verse dans l’hiver, le rouge gorge, épure, échappe aux dents du chat, Gaspard La Nuit rate son coup.
Je tiens l’amour contre ma bouche, équilibré dans le bonheur.
Les éclats du temps pourri, je vais en faire une chanson, pour une fièvre d’enfant triste, un mouvement d’eau, une ouverture du silence.
Ces mots broyés comme la craie laissent des traces sur les doigts quand je deviens frileux.
Il peut neiger sur la tanière, j’ai des amours enchevêtrées et moins de givre aux cadenas.
Je vais déverrouiller, et débouler, et dérouiller le haut-parleur du paysage désenfumé.
Je n’entrerai jamais au fond de cette cage, je ne ferai qu’attendre la peur de perdre tout un chant.
 
Robert Cuffi

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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 22:34

Une vieille dame, gestes fragiles, pas menus, fine silhouette, les après-midi de beau temps traversait son village, s'asseyait près de la rivière, jetait du pain aux canards, parlait aux oiseaux, aux chats errants, lissait sa robe pour ne pas la froisser. Derrière son regard, tout un monde visitait avec elle le paysage. Parfois, elle ouvrait un livre, heureuse que sa fille  l'ait écrit. Elle soulignait des phrases,  soupirait, pensait à ses cahiers à elle qui dormaient dans le tiroir d'une commode.  Elle regardait le ciel où son jardinier était parti cultiver les étoiles. Elle lui disait le manque, le serrait doucement dans son cœur. C'était une vieille dame à la voix rossignol, qui aimait les fleurs, la poésie et la musique. Elle, qui savait parler aux arbres, c'était ma mère.

 

Ile Eniger - Les mains frêles (à paraître)

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 22:50

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allez là où il n'y a pas de chemin

et laissez une trace"

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