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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 23:01

Vient de paraître le 18 mars 2021 chez l'excellent éditeur Lettres vives, la très belle écriture de Joël Vernet.

 

 

« J'aimerais parler à quelqu'un de manière tremblotante, incertaine, comme un enfant butant sur un caillou, se retrouvant face dans le sable. J'aimerais parler aussi clairement que le plus idiot d'entre nous. Retrouver la langue simple, celle que nous avons abandonnée dans le fatras des conversations, des servages mercantiles. La langue de la lumière et de la foudre qui n'est que langue d'amour. Je suis à la poursuite de cette langue m’échappant toujours. Je suis ce coureur fou dont l'élan ne s'arrêtera jamais. »

Joel Vernet - La nuit n'éteint jamais nos songes
Joel Vernet - La nuit n'éteint jamais nos songes
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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 20:00

L'indifférence du ciel a blanchi ses cheveux, rétréci son pays. La serpe du vivre a taillé son chemin, ses rires, ses rêves. Des souvenirs traînent un air nostalgique qu'elle balaie. Régulièrement. Une poignée d'épines dans le sucre fondu des jours, elle est riche d'anciens bouquets et en avance d'une fleur. Elle aime que le trou du mur soit refuge de souris. Elle connaît le chant des terres. Sa vivante sève. Minuscule déploiement de folle envergure, remise à grains inépuisable, elle écrit : "ma saison c'est l'amour," et elle sourit. Au brûlot d'écriture, elle rassemble sa maison, ranime le feu. Comme la vie même, elle défie la raison raisonneuse.

 

Ile Eniger - Les pluriels du silence (à paraître)

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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 14:37

Mais que ça fait du bien un discours juste, éclairé, vif et intelligent !

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 11:36

LE SEXE DES MOTS

 

Byzance tomba aux mains des Turcs tout en discutant du sexe des anges.

Le français achèvera de se décomposer dans l’illettrisme pendant que nous discuterons du sexe des mots.

La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme.

Homme, d’ailleurs, s’emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l’espèce humaine, tantôt en valeur masculine quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d’une incompétence qui condamne à l’embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille.

De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. Le respect de la personne humaine est-il réservé aux femmes et celui des droits de l’homme aux hommes ?

Absurde ! Ces féminins et masculins sont purement grammaticaux, nullement sexuels.

Certains mots sont précédés d’articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu’à l’autre. On dit: "Madame de Sévigné est un grand écrivain" et "Rémy de Gourmont est une plume brillante". On dit le garde des Sceaux, même quand c’est une femme, et la sentinelle, qui est presque toujours un homme.

Tous ces termes sont, je le répète, sémantiquement neutres. Accoler à un substantif un article d’un genre opposé au sien ne le fait pas changer de sexe. Ce n’est qu’une banale faute d’accord.

Certains substantifs se féminisent tout naturellement : une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse. Mais une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l’antiféminisme. Un ambassadeur est un ambassadeur, même quand c’est une femme. Il est aussi une excellence, même quand c’est un homme. L’usage est le maître suprême.

Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement, qu’accompagne en sourdine une mélodie originale. Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. L’État n’a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire. Il tombe en outre dans l’abus de pouvoir quand il utilise l’école publique pour imposer ses oukases langagiers à toute une jeunesse.

J’ai entendu objecter : "Vaugelas, au XVIIe siècle, n’a-t-il pas édicté des normes dans ses remarques sur la langue française ?". Certes. Mais Vaugelas n’était pas ministre. Ce n’était qu’un auteur, dont chacun était libre de suivre ou non les avis. Il n’avait pas les moyens d’imposer ses lubies aux enfants. Il n’était pas Richelieu, lequel n’a jamais tranché personnellement de questions de langues.

Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d’abord à ce qu’on l’enseigne en classe, ensuite à ce que l’audiovisuel public, placé sous sa coupe, n’accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l’égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique. Les coupables de cette honte croient s’amnistier (ils en ont l’habitude) en torturant la grammaire. Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d’avoir fait avancer les femmes.

 

Jean-François REVEL

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 12:29

Plus avance le temps, plus le désir de sobriété, d’humilité, cette altitude d'être, l’état d’immersion dans le silence vivifiant de la source poétique, m'accompagnent. Accueillir ce chemin hors intellect, hors mental, dans le plus simple outil de la lumière entrevue. Se retourner sur les petites joies, fleurs d'amandiers filles du vieil hiver, odeurs ensauvagées des herbes au dos des terres, soirs de neige où la jaune clarté fait autel de campagne, bras solides de souvenirs heureux, voix d’oiseaux au portant des vignes rouges, pierres de talus cathédrales minuscules, ronciers odorants chacunières d'abeilles, autant de petites choses qui disent le pain de vivre,  qui disent le vivant. Qui disent le désir inaltérable du vivant.

 

Ile Eniger - Les mains frêles - (à paraître)

 

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 13:23

Texte intégral de Jonathan Livingston le Goéland de Richard Bach, en lecture gratuite sur le site "La Chanson Grise" : http://chansongrise.canalblog.com/archives/2020/03/29/38145309.html

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 12:30

© Stéphanie Bellet (extrait de : "La mémoire oubliée")

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 13:27

Philippe Jaccottet  quitte la route à 95 ans, Joseph Ponthus à 42 ans, ils auront approché la Poésie au plus près, ils sont partis la rejoindre.

 

 

"Lorsque la douleur l'eut hissé sur son toit envié un savoir évident se montra à lui sans brouillard.
Il ne se trouvait plus dans sa liberté telles deux rames au milieu de l'océan.
L'ensorcelant désir de parole s'était, avec les eaux noires, retiré. Çà et là persistaient de menus tremblements dont il suivait le sillage aminci.
Une colombe de granit à demi masquée mesurait de ses ailes les restes épars du grand oeuvre englouti.
Sur les pentes humides, la queue des écumes et la course indigente des formes rompues.
Dans l'ère rigoureuse qui s'ouvrait, aboli serait le privilège de récolter sans poison.
Tous les ruisseaux libres et fous de la création avaient bien fini de ruer.
Au terme de sa vie il devrait céder à l'audace nouvelle ce que l'immense patience lui avait, à chaque aurore, consenti.
Le jour tournoyait sur Thouzon.
La mort n'a pas comme le lichen arasé l'espérance de la neige.
Dans le creux de la ville immergée, la corne de la lune mêlait le dernier sang et le premier limon.".

 

Philippe Jaccottet

 

 

"Le matin
Entre mes deux nuits
Je suis là sans y être
Comme si
J'étais en transition
La vraie vie sera à la débauche
Je veux croire que l'usine
J'y suis en transition
En attendant de trouver mieux
Même si ça fait un an et demi quand même que je ne trouve pas
Je veux croire
Que je suis là sans y être.".

 

Joseph Ponthus

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 14:42

Elle balaie devant sa porte tous les champs de mines des pouvoirs, les images sales. Elle rince ses mains et ses mots à l'eau claire. Sur la poussière du sentier et ses virgules d'herbes, elle dessine des ailes et souffle. L'air est vaste. Avec l'arbre, le torrent, l'oiseau, elle sait sa place. Elle est du jour levant, son battement de belle et bonne et vieille souche. Elle est de la terre-mère, l'inaltérée.

 

Ile Eniger - Les mains frêles (à paraître aux Éditions Chemins de Plume pour le Printemps des Poètes 2021)

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 11:00

Les ronciers insolents dressent leurs barbelés d'épines. Accrochent, blessent, retiennent. Le temps tombe du clocher sur la terre dure, sans déranger. Un étrange paysage lunaire respire doucement. Les arbres nus implorent, bras tendus. Des bruits infimes crissent au poudreux des herbes. Des pas feuillettent une lumière dorée sur le sentier de verre et de feuilles noircies. Des écailles de glace alourdissent les paupières du jour. L'eau retenue brille dans les ornières. Des oiseaux de froid traversent la brûlure glacée. Les gouttières boivent le ciel qui s'égoutte, et gèle. Des brindilles crochètent le froid. Les crevasses des terres haussent leurs lèvres gercées. Les heures grelottent du point du jour au mica de la nuit. Tout respire maigre. Les loups et les hommes ont la même peur. La même patience. La hulotte blanche ferme son cri destiné aux étoiles. Le silence, bleu comme battements de cœur, accompagne ma main sur le papier. Caresse. L'hiver se couche sur ma page.

 

Ile Eniger - Les mains frêles - (à paraître)

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 11:18

J'ai le plaisir de vous annoncer la parution aux

Éditions Chemins de Plume

de mon roman/récit

 

"LES OISEAUX ONT DE LARGES AILES"

 

172 pages - Prix du livre 14 € + participation frais de port : 2 € = 16 €

On peut commander ce livre sur le site des Éditions Chemins de Plume, sur mon site (par mail privé) et en librairies.

 

 

Les oiseaux ont de larges ailes - Ile Eniger
Les oiseaux ont de larges ailes - Ile Eniger
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Bandeau : Extrait du tableau de Françoise Pirro : La plage

A propos : Ile Eniger - Dessin Emile Bellet