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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 16:27

Cet homme est époustouflant de clarté, d'intelligence et de bon sens !

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 16:52

Je marche à coté de ma petite voix, je n'irai pas plus loin que mes chaussures.

 

Je marche à ma recherche, sans savoir si être homme aurait consisté à parler plus haut que les autres ; sans savoir si ma vie valait plus que celle de mes amis, que celle de mes contradicteurs, que celle de mon chat ou celle des tressaillements du silence où s'embusque la Question.

 

Un jour je partirai, à mon doigt l'anneau de croyance sertissant  ma conscience et le diamant bleu de mes doutes aux mille voix contradictoires.

 

Chaque pensée, chaque brindille, sera à sa place dans la forêt près du grand arbre, près de la vieille maison et de la pierre abandonnée.

 

La révolte et la douleur des laissés pour compte, ne seront jamais la parure logique des statistiques. Le sang, les représailles, le malheur, se nourrissent toujours de frustrations et de rêves en berne.

 

Aux rendez-vous de la désespérance, chaque pierre dressée est la muraille d'un passé portant son chemin de raisons. La fleur et l’océan y meurent noyés au triomphe des famines ; les bébés de la soif aux ventres enflés y ferment des yeux démesurés.

 

Quand l'homme va sur Mars nourrir sa curiosité, les étoiles l’accusent.

 

La fleur et le rossignol le savent, ce n'est pas plus l'homme qui fait l'Histoire que l'Histoire qui fait les hommes.

 

Le vieil Iroquois et mon chat le savent, ce n'est pas la nuit qui endort les consciences, c'est le sommeil des consciences qui tue les vérités essentielles.

 

Sur mes routes intérieures, les mots respect, bienveillance, justice, amour, cherchent leur voie.

 

Dans le décompte des rires, sans couteau, sans doigt tendu, je n'accuse personne.

 

J'habite près de mon cri.

 

Où que j'aille, le renoncement flétrit les utopies de l'homme debout.

 

Sur les terroirs d’indifférences, le prédateur fait école, brade, troque sa conscience, reçoit des médailles dorées, oublie les gens de peu et les vies de rien, oublie que notre maison commune s'appelle la Terre.

 

Si un jour on me tuait, pour mes idées ou quelques haines millénaires, serais-je plus important qu'un battement d'aile, qu'une fleur, qu'un bébé orang-outang ? Irais-je plus loin que les ailleurs du Pourquoi et de la Question ?

 

Je partirai en paix, sans reproches, car tous auraient dû être mes frères.

 

Dans une rumeur de fleurs sèches, d'enfants sauvages, de quartiers où la tendresse s'est perdue loin de toute espérance dans la furie des porteurs de haine, je parcours la Question. C'est au mauvais terreau que le chiendent étanche sa soif. 

 

Les temps viennent, ma nuit arrive, je n'irai pas plus loin que mes chaussures.

 

Où que j’aille,  je serai sans haine.

 

Je resterai une âme debout parmi les fils des forêts de vie où l'espoir garde sa place, une feuille sous le vent, là où, encore, les enfants chantent les lendemains.  

 

J’irai, ne renonçant à rien, il me faut vivre et dire ce à quoi je crois.

 

J'irai, la plume en arbalète combattre mot à mot les maux.

 

J'irai, recherchant l’harmonie, attendant que ma Mère la Terre reprenne ce qu'elle m'avait prêté.

 

Je marche, sa petite voix à mes côtés.  

 

Jean-Michel Sananès

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21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 10:35

... On n’aime jamais trop. Peu importe la distance et l'environnement, l'osmose est possible. C'est la toute la beauté et la difficulté d'aimer.

 

../.. L’énergie de chaque plante me ramène à toi. Je ne suis jamais seul. Au centre de l’absence, il y a toujours ta présence. Je ne veux plus aller nulle part ailleurs qu’à toi. Mes jours ont l’odeur de tes mots.

 

../.. Nos mains se touchent au-delà des gestes. Notre âme s’agrandit jusqu’à l’éternité.

 

../.. Tu m’as fait croire à l’infini et il devient vivant.

 

Extraits de "Si belle" - Jean-Marc La Frenière

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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 11:09

"Ils peuvent couper toutes les fleurs mais ils ne pourront pas arrêter le printemps"

Pablo Neruda

 

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11 mars 2022 5 11 /03 /mars /2022 22:37

"Celui qui n'a pas le goût de l'absolu, se contente d'une médiocrité tranquille".

Paul Cézanne

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 12:11
Image trouvée sur le Net

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 15:08

Jamais une statue ne sera assez grande

Pour dépasser la cime du moindre peuplier

Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre

Que celui des hommes qui les ont plantés

Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais

Je changerai la sève du premier olivier

Contre mon sang impur d'être civilisé

Responsable anonyme de tout le sang versé

Fatigué, fatigué

Fatigué du mensonge et de la vérité

Que je croyais si belle, que je voulais aimer

Et qui est si cruelle que je m'y suis brûlé

Fatigué, fatigué

Fatigué d'habiter sur la planète Terre

Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable

Sur cette fausse étoile perdue dans l'univers

Berceau de la bêtise et royaume du mal

Où la plus évoluée parmi les créatures

A inventé la haine, le racisme et la guerre

Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs

Et amène le sage à cracher sur son frère

Fatigué, fatigué

Fatigué de parler, fatigué de me taire

Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère

Quand la moitié du monde en assassine un tiers

Fatigué, fatigué

Fatigué de ces hommes qui ont tué les indiens

Massacré les baleines et bâillonné la vie

Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens

Qui ont même réussi à pourrir la pluie

La liste est bien trop longue de tout ce qui m'écœure

Depuis l'horreur banale du moindre fait divers

Il n'y a plus assez de place dans mon cœur

Pour loger la révolte, le dégoût, la colère

Fatigué, fatigué

Fatigué d'espérer et fatigué de croire

À ces idées brandies comme des étendards

Et pour lesquelles tant d'hommes ont connu l'abattoir

Fatigué, fatigué

Je voudrais être un arbre, boire à l'eau des orages

Pour nourrir la terre, être ami des oiseaux

Et puis avoir la tête si haut dans les nuages

Pour qu'aucun homme ne puisse y planter un drapeau

Je voudrais être un arbre et plonger mes racines

Au cœur de cette terre que j'aime tellement

Et que ce putain d'homme chaque jour assassine

Je voudrais le silence enfin et puis le vent

Fatigué, fatigué

Fatigué de haïr et fatigué d'aimer

Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier

Fatigué des discours, des paroles sacrées

Fatigué, fatigué

Fatigué de sourire, fatigué de pleurer

Fatigué de chercher quelques traces d'amour

Dans l'océan de boue où sombre la pensée

Fatigué, fatigué.

 

Fatigué ( Renaud Sechan / Franck Langolff ) - 1985

 

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19 février 2022 6 19 /02 /février /2022 10:22

Tout être blessé est contraint à la métamorphose.
Boris Cyrulnik

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 11:48
il y a là-bas
une rue en pente où l'on vend des odeurs
de ces arbres en fleurs qui retiennent la vie
l'ombre des pierres sèches
quelques mots en rocaille
des tableaux de lumière derrière les grands murs
une échoppe à bijoux où je te rejoindrai
quand la tiédeur du soir sentira le vin frais
un peu plus bas un boulanger bavard vendra de la fougasse
et demain
en riant nous irons au marché
le soleil comme moi ne peut pas dire non
 
©jeandiharsce
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4 janvier 2022 2 04 /01 /janvier /2022 10:57

Dans les oreilles de l’homme qui a faim, le bruit d’une fourchette déchire les tympans. Un grain de riz dans sa tête a le poids d’une montagne. Dans l’homme aveugle aux autres hommes, le néant prend les yeux de la haine. Pour l’homme qui va vite, plus vite  que le voyage, la vie n’est qu’une salle d’attente. Sans épines à sa tige, la rose n’a plus d’âme. Sans tendresse à donner, les hommes ne sont rien, à peine un sang perdu au bord d’une blessure, un bouquet de mots fané sur l’humus des choses. Quand je parle d’espoir, c’est une image de la liberté. S’il faut qu’il y ait un sens quelque part, que ce soit le plus fou. Avec le temps, les journées s’accourcissent et les pas s’alentissent. Lorsque les mots s’apportent à moi, je les accueille comme je peux. Je m’intègre peu à peu aux pas d’un écureuil, à l’envol d’un courlis, aux méandres d’un ruisseau, à la course d’un ver sous l’ogive des racines, à l’arc-en-ciel des fleurs, aux tournesols dodelinant de la tête. Mon œil se promène d’une mésange à l’autre. Leur chant gratouille mes tympans. Les enfants nés dans le mirage du bruit, je voudrais leur apprendre le miracle du fruit.

Je ne veux pas mourir dans une prison de rues, dans les coulisses du malheur, par absence de révolte.  Je n’ai pas besoin d’une voiture pour traverser la vie, d’une âme de comptable. À calculer ses sous, on ne vit pas, on tue. Les animaux vaincus nous regardent en pleurant. La victoire des choses ne les fait pas sourire. On renverse le cœur sans retrouver son âme. Je suis quelques-uns à me tenir la main, un ancien vivant, un mort, un nouveau-né. Je marche chaque mot. Je mords chaque silence comme un pain de fortune. On avance toujours dans ce qu’on ne sait pas. La roue que l’on entend grincer, c’est l’homme traînant son âme dans la brouette du corps, le petit train des jours qui a perdu ses rails, le vent entre les mains, les cils battant comme des ailes, ce fil de temps vécu reliant les humains, un instant de rencontre où naissent les étoiles. Les mains, ce sont d’étranges fleurs au bout d’étranges tiges. Je viens y recueillir le pollen des gestes, le miel des caresses. Sur le coteau d’en face, les pieds dans l’eau de neige, un grand sapin frissonne comme un sac plein d’épines. Un geai bleu fait la roue dans sa maison d’aiguilles. Chaque tristesse cache un miracle possible.

Chassés par l’homme, les anges veillent la nuit au fond des dépotoirs. Sans message à livrer, les ailes à moitié mortes, ils picorent parmi les immondices, qui un brin de folie, qui un reste d’amour, qui un quignon de paix. Ils planent quelque fois au-dessus des berceaux à la recherche d’une âme. Qui a dit que les hommes d’état ne s’entendaient pas. Ils s’entendent tous pour rabaisser les hommes. Une même hypocrisie sculpte la langue de bois. Sur le corps du désir, n’arrivant pas à se toucher, les mains folles battent l’air au bout de bras trop courts. La solitude a engendré les dieux. Ces derniers en ont fait un troupeau. Je préfère la pluie où chaque goutte est unique. Tout se tient. Il y a comme une entente, un échange perpétuel entre l’écorce et la pierre, la résine et le poil, le végétal, le minéral, l’animal. Les choses ne vivent pas séparément. Elles sont toutes en une. Le visuel passe à l’auditif. L’eau chante quand elle coule. Les feuilles bruissent. Les mouvements de l’herbe donnent au vent sa couleur. Lorsque les arbres dansent, toute la forêt murmure. Mille colibris se taisent dans le bruit du tonnerre. La pluie tombe sur ses pattes comme un chat. Le ciel a pris la couleur de l’eau. Les oiseaux ont l’air de remuer des rames. Les flaques sur le sol ont la forme d’un bol. Quelques mésanges y boivent un nuage de lait. Les arbres travaillent ensemble à contredire le vent. Le matin montre à peine son nez. Il attend que se déroule une échelle de soleil, que s’ouvre dans le bruit une largeur de silence. Si la vie suffisait, il n’y aurait pas de livres. Les rides du visage sont comme les lignes d’un cahier.

Loin du jargon économiste, des lapalissades de la psychologie, des jérémiades à l’eau de rose, je pisse de l’encre comme une seiche. Je fume comme l’aube quand le soleil se lève sur les russules roses et l’asphalte mouillée. Il m’arrive de glisser dans une autre dimension. Un mot qui manque dans une phrase peut en être l’accès, une virgule mal placée, une syllabe en trop, un paragraphe ouvert et qui ne ferme plus, un sens qui m’échappe, une image qui fuit. J’en sors liquéfié comme le sang d’une blessure. Les pas de l’encre sur la page ne se lisent qu’en braille. Il y a lieu alors de s’interroger sur la pertinence de la mémoire, cette main aux doigts boudinés de rhumatismes et d’archétypes, ce doigt blessé triturant le réel. Il suffit de quelques pas pour revenir au point de départ. On ne distingue plus le plancher du plafond. J’y croise des paysans têtus, fermés comme une pierre, qui haïssent les arbres. Ils les nanisent ou les abattent. Si le s se confond avec le m, les autres lettres gardent leur dignité mais ne veulent plus rien dire. Le genou gauche d’une phrase refuse de plier mais son coude s’évase pour happer la lumière. La plupart du temps, j’écris à la sauvette, entre deux cris d’oiseau, d’un pas sur le papier ou d’un geste à la main, d’un doigt de confiture sur le pain noir des jours. J’écris comme une herbe se dresse, comme tombe la pluie, comme un noyau de prune. J’écris avec des mots en forme de mie de pain, avec des mots touillant la sauce des images, les assiettes ébréchées, le bol des métaphores. Je redeviens l’enfant, tombeur de pluie, rêveur de pommes, coloriste de l’ombre, l’oiseau pur du délire évadé de sa cage. Mes images galopent du geste à la parole, de la rétine au cerveau, du dictionnaire au cœur. Il nous faut bien remplir le vide, donner à l’ombre un semblant de visage. Je parle d’homme à homme, en homme simplement.

Jean-Marc La Frenière

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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 13:56

   

L'âne si doux

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
 
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles
 ;
 
et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.
 
Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.
 
Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.
 
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.
 
Jeune fille au doux cœur,
tu n’as pas sa douceur :
 
car il est devant Dieu
l’âne doux du ciel bleu.
 
Et il reste à l’étable,
fatigué, misérable,
 
ayant bien fatigué
ses pauvres petits pieds.
 
Il a fait son devoir
du matin jusqu’au soir.
 
Qu’as-tu fait jeune fille
 ?
Tu as tiré l’aiguille...
 
Mais l’âne s’est blessé :
la mouche l’a piqué.
 
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
 
Qu’as-tu mangé petite
 ?
— T’as mangé des cerises.
 
L’âne n’a pas eu d’orge,
car le maître est trop pauvre.
 
Il a sucé la corde,
puis a dormi dans l’ombre...
 
La corde de ton cœur
n’a pas cette douceur.
 
Il est l’âne si doux
marchant le long des houx.
 
J’ai le cœur ulcéré :
ce mot-là te plairait.
 
Dis-moi donc, ma chérie,
si je pleure ou je ris
 ?
 
Va trouver le vieil âne,
et dis-lui que mon âme


est sur les grands chemins,
comme lui le matin.
 
Demande-lui, chérie,
si je pleure ou je ris
 ?
 
Je doute qu’il réponde :
il marchera dans l’ombre,
 
crevé par la douceur,
sur le chemin en fleurs.

Francis Jammes  (De l'Angélus de l'Aube à l'Angélus du Soir - 1898) 

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