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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 14:51
Mais qu'on me laisse donc à mon monde sans taches. Celui des contes de fées, du pays des lumières.
Où l'amour se partage toutes voiles dehors, déployant au grand large la durée et la force. Où l'on se donne entier sans trop théoriser et jamais calculer. Où l'on demeure un, où chacun reste entier. Du beau du doux et puis de l'évidence.
Où blesser ne se peut, ne se doit.
Où les hommes sont frères dans leurs combats communs. Avec au bout l'espoir de pousser les décombres, de chasser les fumées. Où la terre revit dans une humanité bleue, une ronde d'enfants qui se tiennent la main. Différents et ensemble.
Où rien n'est immanent et où tout se construit.
J'y suis les yeux ouverts mais je ne veux pas voir. Ou alors, si j'y vois, que l'on n'en doute pas, je ne veux pas y croire, je ne peux pas y croire. Jamais, oh non jamais, on ne me volera une seconde fois ce qui me fut volé dans le temps de l'enfance, où je faisais confiance. Je le garde dans moi, une peluche usée, bisounours pour en vivre.
Il a fallu du temps pour refaire confiance. Je n'ai pas déjugé, je suis resté en haut, même s'il est trop bas pour tous ceux, bien huppés, ou bien trop protégés qui ont des certitudes. Moi je vis donc à vif, au découvert du vrai, du temps qu'il reste à faire. Je donne car je sais.
Besogneux et naïf. Aux autres les éclairs qui donnent les envies. Je garde au creux des mains le feu des permanences. Il viendra bien un temps où il réchauffera.
Ce ne sont que valeurs, elles ne sont que miennes, à m'en tenir debout.
 
©jeandiharsce
 
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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 12:20

C'est l'heure du chat,
la lune gravit des silences de griffes,
sur l'ombre des jongleurs, la fête foraine ouvre le ciel et la Question,
le torse d'un enfant joyeux déploie un rire grésillant dans une mer de nuages,
"Sois sage petit père", disait sa mère.


Le clown se souvient,
ardoise en main,
il fait la somme des espérances, le décompte des douleurs.
À l'encre rouge,
il sigle au bas d'une page
le solde des illusions.
C'est la rencontre du présent et du jour qui le rattrape,
est-ce l'Heure ?
Des cargaisons de clameurs naviguent dans le ciel,
les martinets se sont égarés,
l'orgue du lointain joue un air de barbarie.


Grain de poussière dans l'infini du temps,
je Te guette
Tu es partout,
immense comme le silence et le Mystère.
Et Toi, en quoi crois-Tu
si l'espoir est une croyance aussi étroite que la vie,
aussi vraie que le mensonge a toujours taille d'apparence ?


De mon plus cher neurone,
je scrute à l'intérieur des choses
dans les revers du costume des mots,
dans les poches secrètes du verbe,
dans le frisson des questions
Et les silences de l'insavoir,
y es-Tu ?

Je navigue dans l'échoppe de mondes en partance,
traverse l'écorce de mémoires qui griffent mes printemps,
Tu m'attends, dis-Tu,
Et moi, incrédule, je Te crois !


À partir pour partir,
même si je n'ai pas fini de rire ni d'aimer,
cartes en main,
je préfère partir sans jamais avoir fini d'espérer et rêver,
partir en sachant ce qui me mènera à Toi
Et y aller après avoir anéanti
jusqu'au souvenir des conseils nécrophages
que clament les "sois sage" et les tombereaux de "fais pas ci, fais pas ça".


Je veux partir d'avoir trop aimé,
d'avoir croqué à l'amour étoilé

Et au plaisir enfantin des carrés de chocolat noir
et de caramels mous.
Je ne partirai pas sans mon content de plaisir et de joie,
pas avant d'avoir écrit une dernière page sculptée comme un cantique,
pas avant m'être gavé de bouffées de ciel.
Je veux mourir de joie et de tendresse,
brader la tristesse,
acheter la rue de la paix et la gare Montparnasse
Au Monopoly de la vie
je veux jouer à "va et aime".


Face au miroir
j'ai enlevé mon nez rouge, gratté la peinture
et arraché le rire,
tout maquillage est inutile,
je sais qui je suis.
Je veux un dernier tour de manège,
avant d'aller revoir mes chats.

 

JMS

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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 12:16

J’enfonce la lumière d’un clou sur une planche de nuit. Ais-je fini de faner? Le jardin se fait vieux comme mon visage. Ce que je sème dans les rides aura-t-il le temps de fleurir? Les fourmis grouillent dans mes jambes, les prenant pour des pilons de bois. J’avance à l’intérieur de moi. Je ne veux plus peser mes mots mais hurler comme une bête, arracher mes habits, faire rouler mon rire d’une syllabe à l’autre, verbaliser le monde, enlever les œillères qui nous ferment les yeux, déchirer les drapeaux, tremper ma langue dans l’amour.

Mes yeux, sous le masque des lunettes, transforment le paysage. Mes gestes dépassent la fiction. Je me moque des lois et des ukases d’occasion. Les graines que je sème font déjà des racines. Le ciel déploie son drapeau rouge. La terre fait son testament. Les phares des autos éclaboussent la rue. La faim met son assiette sur la table. La soif boit à même le goulot. La boite de l’œil se ferme pour la nuit. Un homme s’y cherche comme un violon cherche un archet, une poignée de main au bout des bras, un passe-partout dans un trousseau de serrures. Faut-il pleurer? Faut-il en rire, changer en larmes les sourires? Je renais chaque matin et charge mes batteries. A chaque nuit, j’ai quinze ans. Toutes les épines vont à l’école des buissons. J’ai peur de voir quand mes regards se posent sur le gouffre des yeux. L’éternité se cache dans le corps des secondes. Tous les itinérants portent des loques d’infini. Je garde une guenille à la main pour essayer les tables et les comptoirs de bar, les fenêtres et les meuble du cœur.

Dans le jardin des hommes la fleur et le fumier se mélangent. J’embrasse sur la joue le matin rasé de frais. J’oppose à l’orgueil des hommes l’humilité des choses, le piquant des épines au sucre des framboises. De père en fille, de mère en fils, il y a tant de caresses amputées, de gestes oubliés, tant de mots que l‘on n’ose pas dire. J’ai de l’encre à la place du sang. Une grammaire me sert de cerveau, l’alphabet de mémoire. J’ai pris de l’âge mais les rides sont les mêmes sous un masque ou un autre. Quand la nuit tombe, je dois la ramasser, glisser mes doigts dans la mémoire et la terre glaise. Elle frétille comme une truite dans la nasse des rêves. Je ne quitte pas le désespoir mais je garde espoir. Seul comme une pluie qui perd ses gouttes, seul parmi les hommes qui ne se nourrissent de rien, quelques larmes d’eau fraîche, un quignon de pain noir, une bouffée d’espoir. Seul parmi les hommes qui vivent en folie, enfant aux cheveux blancs, je viens comme ce mendiant qui refuse l’aumône.

Blessé à chaque mot, mon stylo saigne sur la page. J’écris dans la blessure ou la douleur, dans le plaisir ou la douceur. Les vieux ormes rejoignent leur tombeau végétal. Les vieux hommes rencontrent les enfants qu’ils étaient. L’anarchie règne dans ma tête où je recense les idées noires. Le sang demande grâce à toutes les blessures. Lorsque mes pas ressemblent à la poussière, j’attends la venue d’un miracle. La langue ouvre ma bouche. Ma main rencontre une autre main. Je me souviens du temps où les épaules de mon père me servaient d’escalier. Je voyais au-delà de la foule. Mes regards s’enfuyaient de la cage de yeux.

Mon corps rejette l’uniforme. Mon âme est nue parmi les choses. Il y a ceux qui enchaînent et ceux qui tirent sur leurs chaines. Je suis avec ces derniers tirant du pistolet à mots, Je fais confiance aux hommes qui se tiennent debout, aux loups qui refusent la laisse. Je visite la tendresse avec des mots simples, des images d’enfant. J’aime que la lumière et la révolte se marient, que l’amour et l’amitié se tiennent par la main, la senteur des plantes puant d’humanité, les chattes et les matous qui forniquent au milieu des poubelles, les empreintes laissées par la nature, l’herbe folle que tous les vents tutoient, les femmes qui travaillent à la libération, leurs seins qui pointent sous la soie et les poils fiévreux entre leurs cuisses ouvertes.

J’ai dû mettre ma soif en pénitence, ma folie dans un coin, mon amour en avant, le rapiécer aux coudes, boire de l’eau au lieu du cidre, de la bière ou du vin. Le tapis de la vie, j’en pousse la poussière, j’en tousse le pollen, j’en trousse le jupon. Je voudrais qu’il apprenne à voler. Agrippé à la rocaille du monde, je respire les molécules du printemps, le rouge des sanguinaires, le gris des pissenlits, un slip de mousse noire entre les jambes du présent. Je suis couvert d’immondices ou d’azur. Ça dépend des journées. La maison que j’habite s’étire à l’infini. À l’automne, les arbres se dévêtent de leur robe de feuilles. L’oreille collée au sol, les yeux noyés de ciel, j’arrive seul avec des mots de sel pour épicer la vie.

De la main qui écrit, il faut faire une caresse, des mots qu’elle rapporte en faire des baisers, d’une phrase une étreinte. Je voudrais donner la mer mais l’eau de mon enfance n’était qu’une rivière. J’ai mis du temps à remonter le fleuve jusqu’à son estuaire. Je me souviens du jour où les vagues salées effacèrent mes pas. Dans les ruelles sales, je m’exprime par l’urine et l’injure. Devant la mer, je rêve d’aventures. Je suis le mousse aux mots doux et le marin verbal. Livré à la divagation du monde, je me saoule de mots. Je m’enivre d’images. J’habille ma folie de souvenirs douteux.

Ma vie sera toujours une histoire de pauvres qui respectent le monde. Les trop pleins le sont parce qu’ils pillent la nature.  Elle sent le vent la pluie, la neige et le poil des bêtes. J’ai appris pas à pas à faire une route, à me tracer une trail dans la forêt des mal aimés. Je continue mot à mot à remplir des pages. Les livres que je lis me servent de repères. D’une galaxie à l’autre, les larmes d’un enfant consolent ce vieillard que ses vieilles cicatrices continuent de faire souffrir. Tout ce qui vit est en contact avec un autre monde. Chaque plante est la semence d’une autre. Chaque pas nous trace le chemin. Chaque atome d’atome est le début d’un atome. Il faut se séparer de soi, ses valises et ses masques, rendre le noyau plus nu qu’une amande, que le pommier retrouve ses pépins et que l’âme s’explique par les gestes du corps. L’abeille au fond de la rose s’imprègne de pollen. Chaque atome d’une aile s’apprête à s’envoler. La nuit, le soleil joue avec les ombres. La beauté des détails apparaîtra bientôt.

Il ne suffit pas d’aimer les mûres et les framboises, il faut apprivoiser les ronces et les épines, saigner du bout des doigts pour atteindre le fruit. Avec l’âge reviennent les mots simples, la naïveté d’enfant, les épaules du père, les branches de pommier. Je veux voir plus loin que l’œil ne peut voir, rendre visible l’invisible, entendre l’inaudible. J’écoute le crissement des cigales, les feuilles qui susurrent, les vagues divaguant. C’est la terre qui chante. Il faut avoir l’oreille bien aiguisée quand elle retient son souffle. J’essaie d’écrire ce que veulent dire les plantes, ce qu’apportent au vieillard ses souvenirs d’enfance. Sur la mer ou l’étang, l’eau et le ciel se mélangent. On ne peut pas tout voir. De la beauté se cache derrière les apparences. Du fond des galaxies, ce sont les étoiles mortes qui brillent le plus. Le plus petit atome participe à la grandeur du monde. Les fleurs retiennent leur parfum comme les mots souvent cachent leur sens derrière une métaphore.

J’ai vu ma mère morte bien avant qu’elle le soit. Puis je l’ai vue renaître dans les yeux de mes enfants et les pas titubant de leur progéniture. J’entends encore mon grand-père jouer de la musique. C’est avec l’oreille de mon père que j’écoute Ellington, Parker, Gonzalès et Basie. Je me souviens d’un peintre dessinant la beauté et de sa femme hantée par la couleur des mots. Je ne vois pas la mer mais j’en respire le sel, le varech iodé, l’odeur des poissons dans la lumière noire. Chaque matin, la rosée laisse aux feuilles une larme d’amour.

À notre insu, les enfants nous observent. Ils voient sans être vus mais ne retiennent souvent que le pire de nous. L’éternité dépend de chaque instant, chaque moment, chaque minute. La musique est aussi bien la flûte que le bruit d’une goutte d’eau ou celui d’une pelle agrandissant l’ornière, l’orchestre du matin, l’oratorio du soir. L’ivrogne dans sa crasse a la même soif que celle d’un enfant. Devant la beauté du monde, nous sommes tous des mendiants. Certains se déguisent mais d’autres tendent la main. Le premier mot est comme le premier geste d’un fœtus. Toutes les mères ignorent son destin mais l’imaginent beau, de faïence non de boue, de pétale non d’épine. Ma vie sera toujours une histoire d’amour.

Chaque question est en quête d’une réponse. Chaque regard cherche le paysage. Chacun cherche l’âme-sœur. Tous les matins annoncent une merveille, chaque geste un miracle. C'est à travers les barreaux qu'un prisonnier reprend sa marche. L'homme n'a pas besoin d'un Dieu. Il a besoin des hommes. S'il y a de la tendresse dans les livres d'enfant, il y en a aussi parmi les poings levés, la colère des pauvres. Le lit servant pour les amants est-il le même pour les mourants, les cris d'extase, le dernier râle, les mots d'amour ou les blasphèmes. Il est facile de souffrir. C'est le bonheur que je cherche.

Jean-Marc La Frenière

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 10:30

L'enfance court comme un serpent d'herbe et d'eau, sans passeport, sans passe-mots, sans maux de passe, sans passe-douleur. Pas de frontières. Elle chante les Marseillaise d'un exil triomphant.
Je peuple la terre, je campe dans les jardins d'âme où la beauté cherche son camp. Je fais triste au pays d'homme quand la souffrance fait ses provisions d'arbres, de pluies acides, d'enfants de la faim, de bombes, de bêtise, et se gave de la sueur des pauvres. Je voyage, je passe entre les heures, entre le passé et la timidité du bonheur, je ne vieillis pas, je fane comme une herbe sauvage que l'eau de l'espoir cesse d'arroser.
Je cueille des cernes sur les grimaces du corps, je ne sais où je suis, je vis ou meurs dans cette foire au temps à vivre où les jours, les heures, m'épuisent, et les années s'effacent sur des calendriers en détresse. Mon cœur bat tambour, je t'aime avec des yeux affamés et, quand je dis cela, c'est de la Vie, écrite avec un V cathédrale dont je parle, comme je parle aux oiseaux, aux rêves et aux promesses qu'elle enferme. J'aimerais lui donner des ailes à offrir aux enfants de demain, les protéger des fous de dieu, comme il faut protéger la vie, la terre et le ciel de la folie des hommes. J'écoute, respire et cueille des prières d'alouettes, je ne voudrais pas fermer boutique avant d'être certain que mes enfants apprendront la paix et le rire et l'enseigneront à ceux qui viennent. J'écoute, plus haut que les murs à meurtrières où gémissent des folies endimanchées et des lucidités d'oiseaux seuls. Leurs cris dessinent le ciel, se faufilent entre les doigts des nuages, entre la fourche, la faucille, et les dents de la Mort. J'y ai perdu ma langue, usé tant de cris à dire. J'ai peur.
Quand le feu assiège le silence, la rumeur s'ébroue comme une ombre verdâtre. Mains plaquées sur mes deux oreilles, je ne veux plus écouter le bruissement des nuées de pensées incendiaires qui s'évadent des multitudes gémissantes. Je ne veux plus savoir les cauchemars des verbes tétanisés au fouet de la bienséance. J'irai sans passeport, tête en l'air, et murmurant des noms oubliés dans le vide sidéral.
Je taille au-delà de la faille du désir et celle des possibles, entre le brouillard des origines et cette racine première d'une mer éteinte où se perd ma première larme. Dans une mémoire saline, je Te cherche dans l'ombre des rues de Tolède à celles de Tétouan. Je chercherai le Juste jusqu'à ma mort. Je marcherai jusqu'à ma dernière bataille en pensant à vous, vivant dans l'ébène et l'ocre des peaux parmi les couteaux et les haines du sud, jusqu'à ce que nos yeux broutent la poussière pour en faire du silence.
Je suis un gravier qui chante et danse dans l'arithmétique des temps passés, un rebut d'oubli qui cabre le présent. Je suis ce cri que l'on ne connaît pas et qui suit la courbe des millénaires. Appelle-moi "oiseau-myosotis", laisse-moi barrir dans la douleur des éléphants et dans la cartographie des conquérants qui rougissent les mers de sang, et la mémoire des hommes, celle du goéland, celle de la savane. Je suis l'enfant d'Hiroshima qui dort près des enfants d'Anne Franck. Je suis ceux qui ne viendront plus. Tant de portes se sont fermées que les enfants, foulant les traces de leurs parents, n'ouvriront jamais. Les maisons de l'enfance entassent nos rires derrière des portes fermées.
Je n'ai de domaine nulle part, clef au cœur, j'attends la nuit et les passe-verrous qui ouvriront ma maison d'autre rive. L'insolite appel des clairs-de-nuit du subconscient, les reste-là, les reviens-nous, clament les vestiges d'un passé interdit. Il y a tant de regards que l'on jette aux orties quand on retient la main qui se tend, tant de crimes semés, quand l'on ne conjugue plus le verbe aimer. Je veux récolter des mots d'enfants, des joies d'écureuil et des galops de gazelles, en mettre sur les chemins, bâtir des passerelles.
Je veux que chacun sache la couleur du verre et de l'eau quand un homme a soif, que chacun sache la lumière que libère chaque don de soi, chaque promesse tenue. Je veux voir des pelouses de pivoines et des fleurs que l'on ne piétine pas, des coquelicots que l'on ne coupe pas. Je veux que chacun se nourrisse de "La centaine d'amour" de Pablo Neruda, que chacun, même en imagination, adopte un arbre, un enfant, un oiseau, un carré de terre, et qu'il s'en sente responsable. Je veux que l'on parle aux vagues, à la mer et aux poissons, avec l'amour que devraient avoir ceux qui s'en nourrissent, et ne plus jamais voir d'oiseaux englués dans le mazout.
J'aimerais serrer un arbre dans mes bras, lui demander de me consoler de mes peurs et lui demander pardon, apprendre à préférer une confiance fragile au soupçon et à la défiance. J'aimerais défier la nuit pour acquérir des étoiles et savoir que si la lune nous fait crédit c'est qu'elle risque sa lumière pour éclairer le chemin. L'existence ne se nourrit pas de misère. L'Obscur demande la lumière pour grandir l'Amour.
Ce soir, il est tard, j'attends le dernier courrier du futur, je suis las des noms effacés sur le calendrier des amours égarées.
Revenez, revenez, revenez, je ne vous oublie pas, je n'oublie rien, je n'oublie pas.
Déjà, j'ai cueilli trop de cernes sur les grimaces de mon corps, j'attends le grand sourire.

JMS

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 10:11

Je n'écris pas pour, j'écris parce que.

Joseph Ponthus

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 09:35

"Lorsque vous parviendrez au sommet de la montagne, alors vous commencerez à monter"

Khalil Gibran

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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 17:03

Quand le soir, longuement, vient frapper à la porte, à coups de mots usés, lettre après lettre, couture d'encre, de temps et de ratures, de plume et de buvards. Cœur à cœur de papier, à petits pas, dans le secret des mains sur la courbe d'un visage, à petit bruit de regards, de timbres et d'enveloppes et d'adresses parfumées...

 

Quand l'instant se ramasse, ralentit le jour, concentre sa lumière et couche ses nuages. Éteint la houle fraîche d'herbes hautes sur les chemins d'avant, estompe les gestes et les soupirs, consume les lisières, tiédit les feux du soir, plonge à bras nus dans les sources muettes, enfante les histoires, jette des cailloux dans le puits pour écouter le noir.

 

Quand les matins blafards travaillent, feuille à feuille, les premiers boutons d'avril, cédant aux lames de brouillards remontant le ciel en lourdes pluies de mars. Grimpent aux charrettes, aux meules et aux échelles, main sur main dans les blés de juillet, aux murmures des greniers, les doigts noués en serments de paille, aux bagues de fiançailles, aux fleurs des fusils, aux goupilles des grenades, les poings serrés aux fers des charrues et aux larmes de novembre...

 

Quand toutes les voix ont tu, une à une, le champ du signe, son dernier cri, sa trace et son silence. Éparpillé l'oubli sur les gerbes d'honneurs où les listes se taisent. Un linteau de ciel brisé, jeté au creux des fossés, dans le marbre des noms, en habit de sanglot, aux points blancs de croix où dissone le tambour et bernent les drapeaux.

 

Quand la terre s'abreuve encore, aux sangs et aux mitrailles, aux deuils et aux messes, aux discours de médailles, aux gels et aux semences, aux foins et aux regains, aux cloches des églises... Aux brumes de chaleurs, aux fêtes des moissons, aux rires des enfants, aux bruines des saisons... Aux coulées de lierres sur la mousse des ruines, sous l'encre pâle et froide des averses d'étoiles.

 

Quand la nuit, lentement, vient frapper à la porte...

 

Yves Brendel

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 16:19

Dans les rues de la ville, il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus qui au juste l'aima, et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas.

 

René Char

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21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 13:36

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 17:23

"Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans,

c'est que vous ne le comprenez pas complètement".

 

Albert Einstein

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 10:47

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

 

Charles Baudelaire - Spleen

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allez là où il n'y a pas de chemin

et laissez une trace"

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