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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 13:11

Même si c'est la même fenêtre,

tous ne voient pas la même chose,

la vue dépend du regard.

 

Alda Merini

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 18:06
Vient de paraître aux Éditions La Rumeur Libre, "Mon père se promène dans les yeux de ma mère" de Joël Vernet

Vient de paraître aux Éditions La Rumeur Libre, "Mon père se promène dans les yeux de ma mère" de Joël Vernet

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 14:06

Jean-Paul Pelras - 22 novembre 2020

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 14:46

(../..) Je ne crois pas en Dieu mais il arrive qu'un ange assaisonne la soupe que je trouvais trop fade, qu'un insecte corrige la teneur d'un mot, qu'un papillon se pose tout au bout de la phrase, qu'une goutte d'eau remplace le verre déjà vide et réponde à ma soif, qu'en plein hiver dans la forêt givrée un oiseau me réchauffe, qu'un murmure de feuille me défroisse le cœur. À force de cueillir des cerises à l'étal, on ne voit plus les arbres. On ne sait plus du monde que les prix à payer. Ce que l'on ne sait pas, un oiseau nous l'enseigne. Ce que l'on ne voit pas, un parfum le dessine. Les premières pages d'un livre sont toujours à écrire, le reste à corriger. Tant d'arbres m'ont aidé. Je suis toujours honteux quand je dois les couper. Je remercie la route à chaque pas que je fais. Je ne suis qu'un pêcheur sans ligne. Les sautes de l'encre sont des truites remontant la mémoire de frayères en frayeurs. À l'heure de ma mort, je changerai simplement d'horizon comme au détour d'une route.

 

Jean-Marc la Frenière - Extrait du texte "Malgré tout" sur http://lafreniere.over-blog.com/

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 14:09

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 11:50

Ponctuation

 

Et si l’écrire était l’impossible ponctuation du silence, cette trilogie du mot qui s’absente ? Souvenirs, instants, égarements ? Immuables certitudes du doute ? Interrogation, exclamation, suspension... Point initial, jusqu’à l’effacement.

Où nous emmènent les chemins perdus jalonnés des pourquoi ? de notre enfance. Ces délices sans faim où chaque réponse enfonce toujours plus loin l’exaltation incessante de la découverte de contrées inconnues... Comprendre, déjà, grâce à la magie de l’enfance, que les questions importent bien plus que les réponses... Que les unes ouvrent sûrement, tandis que les autres referment peut-être. Magie d’un monde à profusion, nourrissant l’alchimie de nos rêves les plus flous. Ces peut-être ? Crochets ouverts au point de nos doutes ?

Les grands ciels noirs d’été fécondent en leurs noces étoilées toutes ces questions en habit d’extase. Renversement du i de noir et de nuit ! Encre énigmatique du grand rassemblement des choses. L’émotion profonde d’une mystérieuse et incontournable unité. Une indicible exclamation, à la fois ultime et à jamais ouverte sur le point vertical et fuyant de l’horizon !

Qu’est-ce qui se cache dans l'obscure apesanteur de ces petits points de lumière? Quelles questions? Les réponses reculent, allumant toujours le feu de nouvelles questions, comme d’immenses brasiers d’étoiles... En naissent des galaxies en perpétuelle expansion, en perpétuelle mutation... En éternel devenir. Nul ne saura jamais l’intime... Peut-être est-ce là la suspension muette de leurs évolutions... Le silence d'un cœur qui bat...

 

Yves Brendel

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 17:10

"Je ne sais pas si on entre en poésie, c’est plutôt elle qui entre en vous"

Florence Saint-Roch

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 11:20

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

 

Victor Hugo, "Les Contemplations" (1856)

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 21:55

Voici venir l’hiver, les arbres recourbés sous le poids de la neige. Voici venir le froid, les mitaines mouillées, les engelures aux doigts et le givre des larmes. Le noisetier de la cour compte ses os qui craquent. Les mésanges grossissent sous leur smoking d’hiver. Voici venir le gel, les pages écrites près du poêle entre les cordes de bois et la sciure des mots. Le vin de glace prend feu sous l’écorce des veines. Les oiseaux tombent en neige avec les plumes d’ange. L’âme des fleurs s’éteint le temps d’une saison. Le temps ferme les yeux et le soleil éclate dans les pupilles des chevreux. La neige enterre les œillets, le silence, l’humus. Le feu se barricade dans l’âtre des rêveurs.

 
Voici venir le blanc. Les couleurs font la grève. Le ciel s’éteint. Le bleu se tait sous la barbe du froid. Toute la faune terrestre a renoncé au style. Il faudra la syncope des braises pour affronter l’absence, le mystère du feu. Les bancs de neige à venir anticipent l’attente, le lapsus des arbres, la dormance des sèves. La léthargie du temps résume l’horizon. Les métaphores se perdent dans le silence des oiseaux. La première bourrasque se compose à la hâte. Le ciel signe à peine ses paraphes neigeux. J’oublie le nom des fleurs. La terre perd ses oripeaux sous la peau des flocons. L’espoir de vivre a changé de visage. Le regard doit vivre au-delà des couleurs.
 
Voici venir le givre dont se nourrit l’espace, le sol glacé qu’aucun oiseau ne gratte. On ne sait plus où commence le sol ni comment il achève. Celui qui cherche une route doit se fermer les yeux. Les objets ne sont plus que formes évanescentes. La nature s’habille plus sobrement qu’avant. La musique des arbres se résume au silence. Les sources végétales se sont cristallisées. L’éternité se tait dans le brouillard des nids. Le ciel s’accroche aux dégouttières. Le vent s’immobilise sur la dentelle des corniches. Le rêve de l’eau persiste dans un sommeil de glace. Les chiffres de la pluie sont devenus craquants. La terre doit résoudre l’équation de la neige.       
 
Voici venir le temps où les oiseaux se taisent. Il est parti l’été culbuté dans les foins. Voici venir la glace et les bonhommes de neige, ces gros bébés bouffis qu’habillent les enfants. Le vent dessine sur la vitre les étoiles du gel. J’avance comme un loup. J’avance vaille que vaille. J’avance comme un train qui a perdu ses rails. L’été est minuscule et l’hiver si long, la chaleur trop courte pour la taille du froid. Le vent ne tourne plus les feuilles pour y lire le temps. Il tourne en rond sur les écorces blêmes, le silence des pierres, l’aphasie de la neige. Il n’y a plus de phrases entre les guillemets mais un grand vide blanc entre les parenthèses.

 

Jean-Marc La Frenière

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 09:34
Pendant que la neige dérobe nos paroles, un couple de mésanges tient l’hiver en haleine. Les deux pieds sur la bavette du poêle,  je tiens tête au frimas. Otage du feu, l’homme du nord, faute de bois et du soleil déposé dans un arbre,  a su donner aux mots un toit de neige. Dans le froid indigène, les oiseaux de l’espoir se réchauffent en volant pendant que nous dormons dans la laine et le lin. Dans les coutures à cœur ouvert, nous tenons à la vie par un fil de tendresse.

La neige tombe à pas de loup. Les aubépines s’emmitouflent dans la dormance de la sève. Ici, dans les dépendances du gel, les bouscueils du froid, il faut sans cesse réinventer le feu, le temps du poil et de la laine, du cuir et de la langue, le vin de glace réchauffant la parole, la catalogne des caresses. Il faut vivre de mèche avec la flamme, faire long feu, se mettre à blanc. Il faut avoir connu la neige pour parler de l’herbe avec amour.

 

Nous avons appris à construire de l’intérieur comme on fait d’un igloo. La courbe émouvante des toits caresse la bourrasque au lieu de l’affronter. Une simple rigole met en cause la glace. Sur la paille des nids, le blanc des lagopèdes remplacera la neige. Les arbres impatients enfantent des bourgeons. La terre en grand secret prépare son retour. Mâchonnant lentement la chaleur de l’humus, des millions d’insectes réveillent les racines à petits coups d’antennes. Le cœur bat plus vite parmi les eaux rampantes.

 

Un goût d’herbe et de sang grignote le grésil. Le soleil encourage la ferveur des rigoles. Il prépare la naissance des herbes et le retour des saveurs. Les pierres précambriennes servent d’église à la prière des insectes. Comme un poisson mémorisant la mer, une outarde cartographiant le ciel, le miel choisit déjà la forme du pistil, la trajectoire de l’abeille. L’aubier des ormes chante sous l’archet de la sève. Depuis l’enfance du monde, le même rituel perpétue l’espérance. L’embuse finit par se produire et les buses reviennent mordre la peau du ciel.

 

Il s’agit d’amitié entre l’insecte et nous, du goût de pain dans la saveur des jours. Il s’agit du soleil affinant la rosée, d’une lueur à la surface des choses. On retrouve la voix dans les cailloux qui tombent. Le roc a longtemps réfléchit. On le retrouve assis comme un bouddha où le sol se meut. Le pollen s’oppose au vacarme des hommes, un pétale de fleur à la durée du froid. À la fonte des neiges, on retrouve un outil, des os, des mots d’hier dans la joie nue de l’herbe. On retrouve la sève sous l’écorce en marche vers le sens. On retrouve les feuilles, les visages, les ombres, le rire sous les sapins en larmes et les gestes encore chauds sous la minceur des doigts. Il faut renommer chaque chose, apprendre le langage du germen, se perdre dans les ronces.

 

Le fleuve libéré de ses glaces vient téter l’horizon d’une bouche gourmande. Entre neige et fougère, l’humus a envahi le roc. Sol et soleil s’emmêlent en foisonnement de germes. Les manteaux raccourcissent lorsque les jours allongent. Les chevreuils remettent leurs souliers de verdure. La tête du monde qui avait trop blanchie retrouve ses couleurs. Il y a comme une eau réjouie dans le corps de la terre. Pleines de promesses et d’eau, les petites mottes de terre échangent leurs semences. Les trèfles font l’amour dans la prairie charnelle. La lueur des marais s’égarouille dans les yeux des grenouilles. Le froid, l’effroi s’effacent au passage des oies. La lumière des lucioles flageole dans la nuit, éclairant l’espérance. Les abeilles bourdonnent à l’oreille des fleurs. Les libellules agitent le rouet des quenouilles. Les oiseaux font la ronde dans la tête des forêts. Le sapin n’est plus seul à garder son habit. Les petits bras de l’herbe soulèvent leur pollen dans le berceau du vent. Dans l’arbre symphonique, nous cueillerons l’été comme un fruit de musique.

 

Jean-Marc La Frenière

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 11:30

© Stéphanie Bellet (extrait de : "La mémoire oubliée")

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allez là où il n'y a pas de chemin

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