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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 21:37

Le ciel s'est absenté des temples. Des rues, des fenêtres, des villes entières. Le ciel s'est absenté du coeur des hommes et les a rendu craintifs. Jaloux. On a construit des remparts, des fermes fortifiées pour apaiser la peur. On a ceint la nudité de courtines et de passerelles. On a enterré les fleuves, démonté une à une les briques des bastions, les pavés des routes. Le ciel est tombé plus bas que terre.

 

Dominique Sampiero - Extrait de "Le rebutant"- Edts Gallimard

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 17:39

C’est un soir de gribouille. Tout le ciel est sinistre. D’autres, ailleurs, parlent de la mort imminente ou du désespoir d’être. Et j’entends tout cela du fond de mon histoire, du près de ma mémoire et de mes à peu près où j’ai mis tant de temps à me trouver entier sans dépendre de l’autre. Où je peux bien mourir puisque je sais où vivre et que je l’accomplis. Rien jamais idéal mais toujours au plus haut. Et je ne peux rien dire que la fureur de vivre, pour une heure ou un jour, rien qu’à aimer la vie et essayer encore. J’ai fait tant de chemins que je croyais superbes et qui n’étaient qu’impasses. Maintenant que je sais, que je me sais, je ne dis que de vivre, en fureur et en beau. Il est des temps superbes qui ne viennent qu’à soi et qu’on peut partager. Je le fais aujourd’hui, je le ferai demain, tant qu’il restera souffle. Vivre bordel vivre, nous sommes nés pour ça, nous sommes faits pour ça. Et il fera soleil. Et même à son coucher, il ne sait qu’être beau.

 

Extrait de "Îles en ailes" - Jean Diharsce

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 10:26

"Même le soleil n’éclaire que ce qui peut recevoir sa lumière"

Adonis

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 18:04

"Nous n'étions pas une minorité. Nous étions la majorité de nous-mêmes"

Erri de Luca (Le tour de l'oie - Edts Gallimard)

 

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 10:57

Chaque accomplissement entame et termine le temps d’une seule traite. Prendre soin des mots, c’est prendre soin du réel qu’ils transportent. L’acte créatif est celui qui soigne notre impuissance à jouir du présent avec suffisance. La joie est un sanctuaire ouvert à chacun mais l’on n’y rencontre qu’un petit nombre de personnes, un cercle restreint de profanes en état de grâce. Mais alors n’est-elle promise seulement à quelques initiés ? Non bien sûr ! Mais elle nécessite un recueillement préalable sans lequel elle peut devenir subversive. La joie simple, la simple joie, navigue dans notre sang jusqu’à la rencontre des faits qui lui offrent d’éclater de rire. Parce que la joie est la résistance universelle à la cruauté de l’existence, elle est le porte-parole de notre conscience.

 

Bruno Bourdiol

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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 22:17

La pluie a cessé

Les nuages se sont éloignés

Et le temps est clair à nouveau

Si ton coeur est pur, alors tout ce qui constitue ton monde est pur

Et la lune et les fleurs te guideront sur le chemin.

 

Ryôkan

 

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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 11:30

© Stéphanie Bellet (extrait de : "La mémoire oubliée")

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 22:17
Je n’entrerai jamais au fond de cette cage. Le merle gris parle du vent, et je cherche ton reflet dans ce jardin ou dans la ville. L’olivier est mouillé de cette fin d’automne, j’écris mon livre lent, désolé, comme un feu qui s’éteint. Je me suis accordé sur une note basse, en oubliant mes torches et mes rages. La guitare va s’engorger, en épongeant l’hiver.
Je retarde des mots, je me plaindrai plus tard, j’aurai toujours raison.
Je vais distribuer les cartes, une nuit Caraïbe, un pont de pierres dans les Alpes, un citron vert d’Espagne et la lune s’effondre.
Il me faut dire quelque chose, quelques mots chauds, quelques odeurs de coquillages, un aboiement dans la saison brutale.
J’ai l’écorce irriguée des ces larmes d’enfants quand je deviens un père un peu plus grand qu’avant.
Maintenant, je verse dans l’hiver, le rouge gorge, épure, échappe aux dents du chat, Gaspard La Nuit rate son coup.
Je tiens l’amour contre ma bouche, équilibré dans le bonheur.
Les éclats du temps pourri, je vais en faire une chanson, pour une fièvre d’enfant triste, un mouvement d’eau, une ouverture du silence.
Ces mots broyés comme la craie laissent des traces sur les doigts quand je deviens frileux.
Il peut neiger sur la tanière, j’ai des amours enchevêtrées et moins de givre aux cadenas.
Je vais déverrouiller, et débouler, et dérouiller le haut-parleur du paysage désenfumé.
Je n’entrerai jamais au fond de cette cage, je ne ferai qu’attendre la peur de perdre tout un chant.
 
Robert Cuffi

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