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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 11:04

La société merdique finit toujours par installer son office délétère qui pousse à choisir la surface, celle des virtualités grégaires et autres lavages de cerveaux, au détriment de la profondeur à créer et partager. Infinie tristesse de constater que la laideur gagne presque toujours sur les possibilités d'élévation.

S'emprunte petit à petit des chemins moins contraignants. Les hommes ont ainsi besoin d’agitations futiles, de prairies toujours plus vertes ailleurs, de petits égoïsmes rassurants. La sacralité ordinaire leur fait peur, leur demande cet effort vivant qui les fatigue. C’est pourquoi le monde est tel qu’il est, médiocre, triste, méchant. De petits arrangements en petites complaisances, se réduit l’absolu, l'essentiel. S'il est douloureux d’apprendre à en grandir, ce triste constat met aussi en place une possible vigilance : savoir ce que l'on veut, et surtout ce que l'on ne veut pas. Ainsi, nous devenons libres.

Vivre et aimer, à quelque niveau que ce soit, ne se satisferont jamais de mensonges et autres servilités. Aimer en conscience requiert l’entièreté, l’absolue présence, le don total à parfaire chaque jour.

Malgré la difficulté que cela implique, je préfèrerai toujours la solitude haute à la tiédeur ambiante.

Ile Eniger - Solaire - (à paraître)

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 14:44

L'indifférence, la méchanceté, la débâcle, l'agitation, les petitesses, sont affaires d'hommes. Leurs ego bétonnent, leurs monnaies enterrent, leurs croyances mentent, leurs pouvoirs détruisent. Loin de ces jeux morbides, un seul lilas contre un mur éboulé, le trait roux d'un renard dans un champ, un éclair de moineau sous la pluie, un ru dans la poussière, des pépites de rires à la sortie des classes, proposent inlassablement le sens du bonheur.

 

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 10:54

Elle marche, contre les vents, plus seule que la solitude. Elle arrache au panier du temps l'osier de l'espérance pour le replanter. Sous les cadences rapides des gongs désâmés, elle ralentit le pas, regarde, sourit, écoute, porte au nid d'herbe un moineau blessé. Elle bat la campagne pour des choses qu'elle dit belles, bonnes, essentielles, sacrées. Elle tambourine contre l'absolu pour qu'il s'ouvre. Elle fait des efforts pour s'élever plus haut, plus loin, plus juste. Tout cela a peut-être un sens. Elle dit aussi qu'écrire c'est aller des yeux à la main sans passer par l'esprit. En somme, selon elle, vivre et écrire serait simplement cueillir ce qui est plus grand, plus aimant, plus important que l'entendement.

 

Ile Eniger - Hors saison (à paraître aux Éditions Chemins de Plume en oct. 2017)

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 11:11

Père, tu ne disais rien ces temps où tu étais seul et malheureux. Je faisais comme si je n'entendais pas que tu ne disais rien. Nous étions nourris de ciel muet. Et que pouvait le ciel sur cette terre aride où l'épilet sauvage piquait et séchait au talus poussiéreux ? Que pouvait le ciel quand le mufle des vents malmenait des feuilles amoncelées depuis si longtemps ? Que pouvait le ciel quand le caillou blessait dans chaque soulier ? Que pouvait le ciel quand l'inane pendule tranchait les jours en secondes erratiques emportant les mots avant qu'ils ne se posent. Père, la dure réalité est un espace lisse sur lequel mon écriture bute et dérape. Je sens l'urgence des mots mais ils s'éloignent, fatigués. Je voudrais le chant du monde, je n'ai qu'un filet de voix. Comme toi jadis, j'apprends la solitude. Comme toi, je ne suis pas de celles qui tournent le dos à la route. Père, je te sais de loin, mais je te sais. Comment te dire ce que tu n'as pas su dire ? L'été se profile, implacable, comme il sait l'être dans le sud.

 

Ile Eniger - Solaire (à paraître)

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 18:05

Ici se décourage, ou quelque chose comme ça. L'inconséquence de l'espèce, ses papiers gras, ses souillures, ses mensonges, ses illusions, ses cacophonies, ses hue et à dia, épuisent. Dans les arbres souffreteux, des oiseaux claquent du bec, ils survivent. Sur les branches noires du peu, la saison triste est un mouroir. Une mauvaiseté infléchit les endurances, martèle à petits coups d’ongles jusqu’à la plaie. Pourtant, la prévalence du moindre cède toujours devant le rire d'un enfant soufflant sur les akènes des fleurs de pissenlits.

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 09:11

Les voix des mères appellent, elles n'abrègent pas l'ici et maintenant, elles l'enluminent. Elles sont l'éternité de chaque bourgeon. Colonnes souples de comètes, elles précèdent et accompagnent, encouragent et épaulent. Dans leurs vieilles besaces, des baisers d'enfance et quelques claques résistent. Leurs bras solides arrêtent la peur, le froid, la douleur. Dans notre dos et jusqu'au cœur, elles poussent leurs routes, gardiennes du seuil. Ouvrières de ruches qui protègent le pollen des traversées, de leurs lointaines présences elles nous soutiennent, les mères. Elles nous écrivent.

 

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

 

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 21:46

L'écriture est la fleur au-dessus des épines. Il faut monter pour approcher sa vérité. En quête de rectitude, j’écoute le silence, le chat bien plus confiant que moi, le sentier guidé par la montagne, toutes ces choses de la présence pure. Il se peut que les mots, les gestes, les espoirs, se trompent de planète et de locataire. Il se peut que le cuir tanné des terres d'hiver, les maraudes d'oiseaux sur des graines de faim, les gifles des vents dans les arbres dépouillés, soient plus résolus que mes pas sur la route. Il se peut que la funambule craigne le vide, le grand vide affamé où s'éteint la lumière. Mais il se peut aussi que la vie dans la vie ranime la pierre.

 

Ile Eniger - Hors saison (à paraître)

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 09:46

Elle écrit du cœur du poème, du jardin d'enfance, du lieu où tout serait possible. Elle s'inquiète du temps qui se déploie sans indiquer sa route. Elle ne s'appuie plus, pas même sur l'écriture. Elle a rompu un à un tous les épaulements, elle en a fait du petit bois pour les heures froides. Un jour peut-être, ici ou ailleurs, dans les pages d'un livre, par la grâce d'une fleur de fruitier, elle dira, elle même étonnée : "La maison vieille est toujours debout", et elle sourira de ses anciennes peurs. Elle aura choisi de croire que les oiseaux sont heureux. Ce sera comme ça, un parti pris.

 

Ile Eniger - Solaire (à paraître)

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 17:29

Les lilas penchent leurs clochettes étourdies de parfum. Le vent, de l'or dans les doigts, secoue ses poussières. Une abeille gorgée de pollen se fiche de l'ordre du monde. Contre un mur, l'herbe troue l'asphalte. Le miracle d'une fleur d'amandier traverse le regard. On en oublierait que le reste du temps on mesure l’hiver.

 

Ile Eniger - Hors saison (à paraître)

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