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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 09:17

Re-édition du livre : "Du côté de l'envers" - Ile Eniger -  aux Éditions Chemins de Plume Jeunesse - Illustrations noir et blanc du peintre Émile Bellet

Pour le commander  : Site des Éditions Chemins de Plume, franco de port, ou en librairie à partir de fin avril 2017. Je dédicacerai cet ouvrage au Salon du Livre de Nice début Juin 2017.

Du côté de l'envers - Ile Eniger - Éditions Chemins de Plume Jeunesse
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 10:42

Au mois d'avril paraît, aux Éditions Chemins de Plume : "Textes poétiques 2000-2004" avec 4 illustrations de tableaux du peintre Emile Bellet. Ce livre regroupe des extraits de  mes 5 livres publiés entre 2000 et 2004 aux Éditions Cosmophonies Internationales (La parole gelée - Les terres rouges - Une pile de livres sous un réverbère - Du feu dans les herbes - Celle qui passe) -   Je dédicacerai ce nouvel ouvrage au Salon du Livre de Nice début juin 2017 et vous pourrez le commander, franco de port, aux Éditions Chemins de Plume à partir du 20 avril 2017.

Textes poétiques 2000-2004 - Ile Eniger - Éditions Chemins de Plume
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 10:26

Derrière la menace du temps et les semelles de plombs, des semailles d'étincelles éclairent le travail des graines. La bouche du vent sifflote. Les épaules de la pluie portent des promesses de soleil. Sur la route où rien n'a de sens que celui qu'on lui donne, une lunule de lumière désigne l'horizon et le lever du jour. Les jardins reprennent leurs conversations odorantes. On n'en ferait pas un poème mais les choses du commun réconfortent.

 

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 12:09

À flancs de coteau du village bivouaquent des champs fournis de mimosas. À l'époque de la cueillette, il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre extrêmement odorante d'une fille dont les bras se sont occupé durant la journée aux fragiles branches. Pareille à une lampe dont l'auréole de clarté serait le parfum, elle s'en va, le dos au soleil couchant. Il serait sacrilège de lui adresser la parole. L'espadrille foulant l'herbe, cédez lui le pas du chemin. Peut-être aurez-vous la chance de distinguer sur ses lèvres la chimère de l'humidité de la Nuit ?

 

René Char, extrait de : Seuls demeurent

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 18:59

… À son âge (Colette parle de sa fille "Bel-Gazou") — pas tout à fait huit ans — j’étais curé sur un mur. Le mur, épais et haut, qui séparait le jardin de la basse-cour, et dont le faîte, large comme un trottoir, dallé à plat, me servait de piste et de terrasse, inaccessible au commun des mortels. Eh oui, curé sur un mur. Qu’y a-t-il d’incroyable ? J’étais curé sans obligation liturgique ni prêche, sans travestissement irrévérencieux, mais, à l’insu de tous curés. Curé comme vous êtes chauve, monsieur, ou vous, madame, arthritique.

 

Le mot "presbytère" venait de tomber, cette année-là, dans mon oreille sensible, et d’y faire des ravages. "C’est certainement le presbytère le plus gai que je connaisse…"  avait dit quelqu’un.

 

Loin de moi l’idée de demander à l’un de mes parents : "Qu’est-ce que c’est, un presbytère ?". J’avais recueilli en moi le mot mystérieux, comme brodé d’un relief rêche en son commencement, achevé en une longue et rêveuse syllabe… Enrichie d’un secret et d’un doute, je dormais avec le mot et je l’emportais sur mon mur. "Presbytère !", je le jetais, par-dessus le toit du poulailler et le jardin de Miton, vers l’horizon toujours brumeux de Moutiers. Du haut de mon mur, le mot sonnait en anathème :  "Allez ! vous êtes tous des presbytères !",  criais-je à des bannis invisibles….

 

Un peu plus tard, le mot perdit de son venin, et je m’avisai que "presbytère" pouvait bien être le nom scientifique du petit escargot rayé jaune et noir… Une imprudence perdit tout, pendant une de ces minutes où une enfant, si grave, si chimérique qu’elle soit, ressemble passagèrement à l’idée que s’en font les grandes personnes…

 

— Maman ! regarde le joli petit presbytère que j’ai trouvé !

 

— Le joli petit… quoi ?

 

— Le joli petit presb…

 

Je me tus, trop tard. Il me fallut apprendre — "Je me demande si cette enfant a tout son bon sens…" — ce que je tenais tant à ignorer, et appeler "les choses par leur nom…".

 

— Un presbytère, voyons, c’est la maison du curé.

 

— La maison du curé… alors, M. le curé Millot habite dans un presbytère ?

 

— Naturellement… Ferme ta bouche, respire par le nez… Naturellement, voyons…

 

J’essayai encore de réagir… Je luttai contre l’effraction, je serrai contre moi les lambeaux de mon extravagance, je voulus obliger M. Millot à habiter, le temps qu’il me plairait, dans la coquille vide du petit escargot nommé "presbytère"…

 

— Veux-tu prendre l’habitude de fermer la bouche quand tu ne parles pas ? À quoi penses-tu ?

 

— À rien, maman…

 

… Et puis je cédai. Je fus lâche, et je composai avec ma déception. Rejetant les débris du petit escargot écrasé, je ramassai le beau mot, je remontai jusqu’à mon étroite terrasse ombragée de vieux lilas, décorée de cailloux polis et de verroteries comme le nid d’une pie voleuse, je la baptisai "Presbytère », et je me fis curé sur le mur.

 

Colette - Extrait de "La maison de Claudine"

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 17:35

Mes attentes ne sont pas des attentes mais des flambées rebelles au seul bois d’exister. Des yeux clairs aux éclipses guerrières, des fruits de neige, une musique bohémienne, l’eau d’un secret. Et je ne suis pas sage. Je choisis l’or du ciel, son froissé audacieux, le propos rougissant de l’argile impudique, le jour qui n’a pas sens de jour mais de pain chaud, de feuillage mûr, de verdeur. Je choisis le voyage, l’enfiévré, l’inconnu, la soif qui roule sur les hanches, la mémoire rétive qui échappe à la loi et la maison lavande qui craque sous les doigts son parfum ivre et bleu. Et tes mains aériennes. Et je choisis septembre plus riche que l’été. Mes attentes ne sont pas des attentes, mais l’amour debout, à boire frais dans rien, dans tout, d’un trait, comme on écrit.

 

Ile Eniger - Les terres rouges - Éditions Cosmophonies Internationales

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 16:46

Suite à des commentaires répétitifs aujourd'hui, n'ayant rien à voir avec la littérature, pendant quelques temps les commentaires seront soumis à la modération (ils n'apparaîtront qu'après mon approbation), je vous remercie pour votre compréhension bienveillante.

Ile E.

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 11:34

J'ai déchiré des pans entiers du ciel trop bleu, trop confiant, trop indécis. J'ai gardé quelques livres, un vieux rêve, deux poignées de sable, une ou deux pommes vertes, de l'eau entre les doigts, de la musique sur un fil d'horizon ou de violon. On n'entend plus mes pleurs d'animal ni mes pas qui raclent le sol. De loin, on me fait quelques signes. Dessous, la rivière grande, la rivière gronde. Des veines d'eau gonflées charrient les passés. Dessus, le plafond trimballe ses nuées bâtardes. Des jours et des nuits se disputent l'espace. Il y a sans doute un accord possible. Autour, des choses à prendre ou à laisser. Et le souffle porté, supporté, emporté. Loin de la mesure des hommes. J'ai vacillé et tenu bon. Je me suis bricolé des ailes pour faire danser mes espadrilles. J'ai tenté d'aimer et la lumière qui va avec.

 

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 12:28

"Tes yeux gardent trois coquelicots et l'aurore"

Jean-Michel Sananès

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:33

"Ce qui m’intéresse ce n’est pas le bonheur de tous les hommes

c’est celui de chacun"

Boris Vian

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 11:08
"Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain" Rosemonde Gérard

"Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain" Rosemonde Gérard

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 00:35

Celui que je vois dans le paysage noir et blanc, c'est mon père. Il marche depuis tôt le matin dans les rangées longues. Seul. Dans le froid et le silence, il taille les vignes. Basses. Quelques merles l'accompagnent entre les mottes grises et dures d'hiver. Comme eux il siffle quelquefois. Quand le mistral glacial secoue sa canadienne, il remonte son col. C'est un taiseux mon père, du mal au dos ou des gerçures, il ne dit jamais rien. Il travaille sans gants. Parfois il crache dans ses mains, les frotte l'une contre l'autre, puis il reprend le mouvement d'aller. Son geste est précis, il claque sec le sécateur, au bon endroit. Des centaines de fois. Il avance courbé, plié en deux sur les ceps noirs. Toute la journée. Seul. Au soleil il connaît l'heure, le clocher la confirme. Quand il rentre, au soir, il accroche sa lassitude à la patère du couloir.

 

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 12:36

C’est à l’autre, à Borges, que les choses arrivent. Moi, je marche dans Buenos Aires, je m’attarde peut-être machinalement, pour regarder la voûte d’un vestibule et la grille d’un patio. J’ai des nouvelles de Borges par la poste et je vois son nom proposé pour une chaire ou dans un dictionnaire biographique. J’aime les sabliers, les planisphères, la typographie du XVIIIe siècle, le goût du café et la prose de Stevenson : l’autre partage ces préférences, mais non sans complaisance et d’une manière qui en fait des attributs d’acteur. Il serait exagéré de prétendre que nos relations sont mauvaises. Je vis et me laisse vivre, pour que Borges puisse ourdir sa littérature et cette littérature me justifie. Je confesse volontiers qu’il a réussi quelques pages de valeur, mais ces pages ne peuvent rien pour moi, sans doute parce que ce qui est bon n’appartient à personne, pas même à lui, l’autre, mais au langage et à la tradition. Au demeurant, je suis condamné à disparaître, définitivement, et seul quelque instant de moi aura chance de survivre dans l’autre. Peu à peu, je lui cède tout, bien que je me rende compte de sa manie perverse de tout falsifier et exagérer. Spinoza comprit que tout chose veut persévérer dans son être ; la pierre éternellement veut être pierre et le tigre un tigre. Mais moi je dois persévérer en Borges, non en moi (pour autant que je sois quelqu’un). Pourtant je me reconnais moins dans ses livres que dans beaucoup d’autres ou que dans le raclement laborieux d’une guitare. Il y a des années, j’ai essayé de me libérer de lui et j’ai passé des mythologies de banlieue aux jeux avec le temps et l’infini, mais maintenant ces jeux appartiennent à Borges et il faudra que j’imagine autre chose. De cette façon, ma vie est une fuite où je perds tout et où tout va à l’oubli ou à l’autre. Je ne sais pas lequel des deux écrit cette page.

 

Jorge Luis Borges

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 13:50
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 18:32

Ma main aux dents d'écriture

Ma main attachée aux jours laborieux

Ma main tirant sur sa laisse

Ma main boudeuse et désertée

Ma main debout face au silence

Ma main tremblée en ses traces de souris

Ma main creusant, cherchant, criant, priant

Ma main ridée appuyée sur la page

Ma main fontaine aux écorces altérées

Ma main desserrant ses mâchoires

Ma main gardienne de mémoire

Ma main sur le pain et la joue des pivoines

Ma main d'aimance

Ma main, t'ai-je déjà remerciée ?

 

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 12:30

Chaconne danse.

Chaconne est entrée dans sa gloire.

Chaconne se livre, elle ne sait pas à quoi. Et c'est parce qu'elle en ignore tout qu'elle peut s'y livrer sans retenue.

Tout se concentre à l'extrême, toutes ces années passées, tout ce qu'elle a vécu, traversé, gardé, tout ce qu'elle est tentée de chérir ou de rejeter encore, sa vie entière est là, incarnée dans sa danse. Chaconne ne pourrait danser autre chose. Aucun choix ne demeure possible. Etre toute ou n'être pas. Danser le monde ou ne rien danser.

Elle ne danse pas devant une cour arriviste ou soumise, elle ne danse pas devant un Gouverneur rutilant dans son uniforme, ni même devant un jeune homme sombre qui ne la quitte pas des yeux. Elle danse devant ce qu'elle est depuis toujours, depuis l'aube des temps et des univers : une étincelle de vie dont la durée est si brève qu'elle se doit de donner tout.

Chaconne est heureuse.

 

Extrait de Chaconne - Jean- Pierre Vaissaire - Editions Parole

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 13:33

L'écriture est la fleur au-dessus des épines. Il faut monter pour approcher sa vérité. En quête de rectitude, j’écoute le silence, le chat bien plus confiant que moi, le sentier guidé par la montagne, toutes ces choses de la présence pure. Il se peut que les mots, les gestes, les espoirs, se trompent de planète et de locataire. Il se peut que le cuir tanné des terres d'hiver, les maraudes d'oiseaux sur des graines de faim, les gifles des vents dans les arbres dépouillés, soient plus résolus que mes pas sur la route. Il se peut que la funambule craigne le vide, le grand vide affamé où s'éteint la lumière. Mais il se peut aussi que la vie dans la vie ranime la pierre.

 

Ile Eniger - Hors saison - (à paraître)

 

 

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 14:12

"Je continuerai à aimer même si les autres distillent la haine. Je continuerai à construire, mème si les autres détruisent. Je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés. Je continuerai à crier même si les autres se taisent".

Abbé Pierre

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 23:30

Il y a des moments où notre univers devient dérisoire et la seule réalité qui triomphe c’est cela : cette vibration qui fait s’écrouler les ruines, fleurir la pierre. Je rêve aux jonquilles qui vont parsemer la colline. Cette fragilité et cette persévérance, et ce violent parfum qui se prolonge, malgré le massacre. Sommes-nous si forts ?

 

Pierre-Albert Jourdan

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 13:48

Nos "élites linguistes" sont en train d'instaurer une régression ahurissante, navrante et débilitante de l'apprentissage de notre langue en modifiant (encore une fois !) la grammaire par l'application de la notion de 'prédicat'. Ainsi, désormais, nos jeunes enfants n'auront plus à se soucier de construction de phrase ou de détails orthographiques puisque l'essentiel va se résoudre, dans le primaire, à savoir qu'il y a un sujet et que tout le reste de la phrase n'est qu'un vague 'prédicat' ! Au diable donc COD, COI, donnant sens précis et incontournable à la grammaire et à l'orthographe ; au diable les accords du participé passé, inutile de se creuser les méninges pour comprendre ! Nos gamins, désormais, vont pouvoir se réjouir de cet espace vacant et passer encore plus de temps devant leurs téléphones et tablettes à bêtifier, en privilégiant encore plus facilement leurs écritures phonétiques qui leur laminent le cerveau. Un pas de plus vers une décadence qui semble ne plus avoir de frein ni de fond ! Devant tant d'inanité irresponsable on se demande s'il faut rire ou pleurer. I.E. 

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